VISITE À PAS DE COURSE DU PRÉSIDENT SÉNÉGALAIS AU MALI : MACKY SALL VA-T-IL OBTENIR DE BAMAKO CE QUE FAURE EYADEMA N’A PAS PU ?

Le Président sénégalais et de surcroit président en exercice de l’Union Africaine, Macky Sall, en partance pour N’Djamena la capitale tchadienne, a fait une escale de quelques heures à Bamako afin de parler aux autorités maliennes sur un certain nombre de sujets de préoccupation. Si officiellement il a été surtout question des relations bilatérales entre les deux pays et la nécessité de renforcer les liens de coopération diplomatique et  commerciale entre le Sénégal et le Mali, après la levée des sanctions de la CEDEAO, les deux dirigeants n’ont pas manqué d’évoquer les sujets de préoccupation sous régionale voir internationale, comme l’arrestation des 49 militaires ivoiriens, le respect du délai de la transition et la nécessité d’une synergie d’action afin de combattre efficacement le terrorisme. Si l’on en croit les propos de Macky Sall aux micros de nos confrères il y a lieu d’espérer sur une éventuelle normalisation des relations entre le Mali et ses voisins. Pourrait-on parler d’avancer dans les dossiers des militaires ivoiriens ? Le Président sénégalais va-t-il obtenir de Bamako, ce que son homologue togolais n’a pas pu ?

La junte militaire au pouvoir au Mali commence à être fréquentable, du moins elle commence a amélioré ses relations avec les autorités des pays voisins. Après le Président togolais Faure Eyadema qui se serait rendu à Bamako pour échanger nuitamment avec le Président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, c’est au tour du Président sénégalais, Macky Sall  de  lui rendre une visite d’amitié et de fraternité de quelques heures. Si par sa forme, cette visite n’avait rien de particulier et qu’elle s’inscrivait en droite ligne du renforcement des relations d’amitié, de fraternité entre deux pays, liés par l’histoire, la géographie et l’économie, au fond les deux hommes ont évoqué des questions brûlantes comme la libération des 49 militaires ivoiriens mis sous mandat de dépôt par le procureur et détenus au Mali depuis plus d’un mois. Cette question empoisonne les relations entre la Côte d’Ivoire et le Mali. Macky Sall demande à Assimi Goïta de les libérer au nom de la solidarité africaine et surtout pour préserver les liens de voisinage et les intérêts économiques entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Le président sénégalais sera-t-il entendu par le colonel Assimi Goïta sur cette rocambolesque affaire des 49 militaires ivoiriens détenus au Mali ? Sans être dans les secrets des dieux, le Colonel Assimi semble bien prêter une oreille attentive aux conseils du Président sénégalais Macky Sall, qui d’ailleurs n’a pas hésité de reconnaitre les efforts louables faits par les autorités  maliennes.

Il n’ y’avait pas que l’affaire des 49 militaires ivoiriens au menu de la rencontre entre Assimi et Macky, la question de la lutte contre le terrorisme a été également évoquée. Le Président sénégalais a sollicité le chef d’Etat malien pour qu’il crée une synergie d’action avec la communauté internationale afin de lutter efficacement contre le terrorisme. Tout en plaidant pour le maintien de la MINUSMA, le Président  en exercice de l’Union Africaine pense que le phénomène du terrorisme est mondial donc il faut une réponse globale. Avec sa double casquette de membre influent de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, CEDEAO et Président en exercice de l’Union Africaine, la stabilité du continent est l’un des soucis majeurs de Macky Sall, c’est pourquoi il a rappelé aux autorités maliennes comme d’ailleurs celles du Tchad,  le respect des délais de leur transition afin de renouer rapidement avec l’ordre constitutionnel normal. La visite éclair du Président sénégalais en terre malienne s’est achevée par une autre  visite, celle qu’il a rendue à l’épouse du défunt Président IBK.

En définitive, le Président sénégalais vient de donner une occasion  au Colonel Assimi Goïta de se réconcilier avec ses voisins, mais aussi et surtout avec la communauté africaine voire internationale. La première étape de cette réconciliation devra être la libération sans condition des 49 militaires ivoiriens.

Youssouf Sissoko

Source : L’Alternance

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