Transition : Des doutes sur la possibilité des élections

Conformément à l’article 22 de la loi n°2022-001 du 25 février 2022 portant révision de la charte de la transition, le président de la Transition, colonel Assimi Goita, a signé un décret fixant la durée de la transition en cour de 24 mois, à compter du 26 mars 2022. Mathématiquement, il reste 21 mois pour organiser les élections et remettre le pouvoir à un civil.

Après le renversement du président Ibrahim Boubacar Keita, le 18 août 2020 par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), l’ancien colonel-major Bah N’Daw a été désigné Président de la transition. Colonel Assimi Goïta, a été aussi désigné vice-président de la transition. Tous les deux ont été investis le 25 septembre 2020, pour 18 mois.

Huit (8) mois plus tard, Bah N’Daw et son premier ministre ont été à leur tour victimes d’un second putsch. Pour certains, ils ont failli à leur devoir et ne peuvent plus continuer à gérer le pays. Car l’insécurité gagnait le terrain, les mouvements politiques criaient de partout, les syndicats des différents corps professionnels partaient en grève, les Maliens en avaient ras-le-bol de la situation.

Alors commença un second gouvernement transitoire en juin 2021, toujours dans le délai prévu avec le gouvernement précèdent.

A quelques mois des élections, malgré les efforts consentis par le gouvernement à maintenir le délai prévu, les retards s’amoncèlent, des voix s’élèvent pour réclamer une prorogation de la durée de la transition. Pour la majorité des Maliens, les élections crédibles et transparentes ne peuvent avoir lieu que dans la paix et la cohésion. Or plus de 2/3 du territoire sont sous menace des groupes armés terroristes(GAT), ce qui rendrait très difficile l’organisation des élections sur l’ensemble du territoire. La question est de savoir si après les 24 mois, les élections seront possibles.

Selon les autorités aux affaires, la montée actuelle en puissance des FAMa est incontournable, les exploits sont visibles partout dans le nord qu’au centre vers sud, presque toutes les bases servant de ravitaillement ou nids des terroristes sont détruites par la puissance aérienne de l’armée malienne. Les régions de Mopti, Douentza et Badiangara constituent les véritables centres d’attention, où dernièrement on constate une recrudescence des attaques. Dans la région de Douentza sur la RN16, le tronçon Douentza-Boni est impraticable depuis près d’un mois, un blocus a été imposé par les GAT de la Katiba de serma.

Alors que les FAMa continuent toujours de mener des actions d’envergures contre les groupes terroristes au nord et au centre du pays à travers les opérations Kèlètigui et Maliko, la situation sécuritaire demeure inquiétante.

Oumar Sawadogo

Source : L’Observatoir

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