Tracasseries routières : « de Bouaké à Zégoua, tu es obligé de payer 5000 FCFA à chaque poste »

La fermeture des frontières entre le Mali et la Côte d’ivoire, suite aux sanctions de la CEDEAO, n’a pas mis fin aux déplacements des personnes. Elle a toutefois rendu difficile le voyage entre les deux pays. Entre tracasseries et rackets des forces de sécurité, les voyageurs ne savent plus à quel saint se vouer.

Généralement, c’est aux environs de 9h trente minutes que plusieurs cars en partance pour Sikasso prennent le départ. Mais quelques rares bus attendent encore des clients en provenance de Côte d’ivoire. Ceux-ci traversent la frontière nuitamment ou le matin de bonne heure. Mais cela se passe au prix de grands sacrifices. Nouhoum Dembélé qui a quitté Bouaké en Côte d’ivoire pour se rendre à Bamako témoigne : « De Bouaké à Zégoua, tu es obligé de payer 5000 FCFA à chaque poste. Nous sommes contraints d’emprunter des motos parce qu’à pied, tu ne peux traverser même le goudron, sous prétexte que la frontière est fermée. Par là ou passent ces motocyclistes aussi ils ont installé des petits postes et les conducteurs sont obligés de payer ».

A cause de la fermeture des frontières, Kady Coulibaly a suspendu ses voyages commerciaux. Cette ivoiro-malienne basée désormais à Zégoua faisait régulièrement le trajet Bamako-Sikasso-Abidjan. « Actuellement pour avoir un camion ou un car pour transporter les bagages, c’est tout un problème » dit-elle.

Les conséquences de cette fermeture des frontières touchent également les compagnies de transport. Celles-ci ont vu leurs revenus baisser, faute de clients. Selon Lassina Sanogo, représentant d’une compagnie de transport à Zégoua, tous les cars ivoiriens s’arrêtent maintenant à Zégoua alors que la destination finale était Pôgho. « Tu peux payer plus de 8000 FCFA pour arriver à Pôgho, la frontière ivoirienne. Pôgho Zégoua ne dépasse pas 4 km », regrette Lassina.

En attendant la levée des sanctions, les voyageurs demandent la réduction des postes de contrôle où ils sont copieusement rackettés, selon eux.

Source : Studio Tamani

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