Suite au décès de l’ex- Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga : L’ASMA-CFP demande l’ouverture d’une enquête indépendante en vue de situer les responsabilités

Les responsables de l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des forces patriotiques (ASMA-CFP) ont organisé, le 21 mai 2022, une rencontre à Maeva Palace de Bamako pour interpeller les autorités maliennes par rapport au décès de leur président, Soumeylou Boubèye Maïga, ancien Premier ministre du Mali, survenu le 21 mars 2022, en détention des suites de maladie.

« Les conditions de sa détention et sa mort dans ces circonstances interpellent, au premier chef les autorités, interrogent et soulèvent de nombreuses questions qui méritent, voire commandent d’être répondues. Raison pour laquelle l’ASMA-CFP demande l’ouverture d’une enquête menée par une commission constituée de personnalités indépendantes en vue de faire toute la lumière sur les circonstances du décès du camarade Soumeylou Boubèye Maïga et de situer les éventuelles responsabilités. Le Parti se réserve le droit d’initier toute action judiciaire, aussi bien au plan national qu’international, visant à faire la lumière sur les conditions de détention et les circonstances du décès du camarade président », révèle la déclaration lue par le secrétaire général de l’ASMA-CFP, Issa Diarra.

Il ressort de cette déclaration que le président du Parti ASMA-CFA, Soumeylou Boubèye Maïga, s’est éteint le lundi 21 mars 2022 en détention des suites de maladie. Le Parti rend hommage au défunt qui s’est toujours illustré, présente ses condoléances les plus attristées et les plus émues à sa famille durement éplorée et formule des prières pour le repos éternel apaisé de son âme. Grand sportif, journaliste, syndicaliste et homme politique, Soumeylou Boubèye Maïga était un militant courageux et intrépide, un combattant et un défenseur acharné des libertés et des droits humains, un démocrate convaincu et engagé. Il fut un Grand commis de l’Etat. « Son décès constitue une grande perte pour la nation malienne qui a toujours été au cœur de ses projets et action politiques.

L’ASMA-CFP, en cette douloureuse circonstance présente ses condoléances au peuple malien. Inculpé et placé sous mandat de dépôt le 26 août 2021 dans le cadre du dossier dit des équipements militaires et de l’avion présidentiel sans le vote de la mise en accusation par l’Assemblée nationale, préalable fixé par la Constitution et les lois du Mali, le camarade Soumeylou B. Maïga a été détenu à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako où, à son âge, 67 ans, il partageait une cellule avec plus de 80 autres détenus de tout genre et de toute cause », révèle la déclaration lue par le secrétaire général de l’ASMA-CFP, Issa Diarra.

Pour lui, l’arrestation de Soumeylou B. Maïga a visé à faire taire un homme politique d’envergure. « En effet, quoi qui puisse être dit et excipé, elle est survenue quand l’homme a commencé à prendre des positions de plus en plus critiques et au moment où sa candidature aux élections présidentielles devant consacrer la fin de la Transition prenait corps », a-t-il dit. Avant de signaler que Soumeylou B. Maïga était donc un détenu politique. « Les conditions infrahumaines de détention dont il ne s’est jamais plaint et qui visaient à l’humilier et à l’anéantir lui ont valu de contracter une pathologie dont la gravité a amené les autorités elles-mêmes à le transférer sans ordre d’extraction dans une clinique de la place.

Le médecin traitant, après un diagnostic sans complaisance et au constat de l’absence d’un plateau technique approprié au Mali, a conclu en la nécessité de son évacuation vers une structure appropriée en considération de la célérité de la dégradation de sa santé et de l’engagement de son pronostic vital. Cette conclusion a également été celle du collège de médecins spécialistes mis en place par les autorités à l’effet d’une contre-expertise », souligne la déclaration de l’ASMA-CFP. Aux dires du parti ASMA-CFP, la nécessité de son évacuation ne faisait plus de doute et de discussions.

Cependant, ajoute le parti ASMA-CFP, celle-ci lui a été refusée, malgré les multiples demandes et autres suppliques de sa famille et malgré l’intervention de toutes les bonnes volontés. Selon Issa Diarra, nul ne peut dire qu’il ne savait pas que Soumeylou était malade, encore moins, qu’il ne savait pas que sa vie tenait à son évacuation. Ainsi, indique Issa Diarra, la mort de Soumeylou B. Maïga était devenue inéluctable, survenue d’ailleurs pendant qu’il était privé de visites de ses proches. «Les conditions de sa détention et sa mort dans ces circonstances interpellent, au premier chef les autorités, interrogent et soulèvent de nombreuses questions qui méritent, voire commandent d’être répondues. Raison pour laquelle l’ASMA-CFP demande l’ouverture d’une enquête menée par une commission constituée de personnalités indépendantes en vue de faire toute la lumière sur les circonstances du décès du camarade Soumeylou B. Maïga et de situer les éventuelles responsabilités. Par ailleurs, le décès du président de notre parti rappelle malheureusement avec gravité que les droits et les libertés ne sont pas un acquis définitif et qu’ils doivent être préservés à travers un combat permanent.

Le Parti se réserve le droit d’initier toute action judiciaire, aussi bien au plan national qu’international, visant à faire la lumière sur les conditions de détention et les circonstances du décès du camarade président », révèle la déclaration de l’ASMA-CFP.

Aguibou Sogodogo

Source : Le Républicain

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