Sous la pression de son ami Issoufou : IBK annule le CSA de Kidal et… fait démissionner l’ambassadeur Boutache

La capitale de l’Adrar des Ifoghas n’abritera pas la trente-huitième session du Comité de suivi de l’accord (CSA), contrairement à ce qui avait été annoncé. Tout était pourtant fin prêt. Malheureusement, IBK en a décidé autrement.  




 Rien n’y fit ! Ni la bonne volonté des responsables de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), ni la rénovation et l’éclat de la salle de réunion de l’Assemblée régionale, encore moins les assurances sécuritaires ou la volonté des partenaires : Kidal n’abritera pas, pas cette fois, en tout cas, sa session du Comité de suivi de l’Accord (CSA).

Pas pour cette fois, car le président du Niger, non moins président en exercice de la CEDEAO, Mahamadou Issoufou, est passé par là ; sans oublier la session extraordinaire de cette même CEDEAO qui n’a discuté, essentiellement, que du «cas Kidal», et a dicté sa volonté au président de la République du Mali.

Il faut rappeler que, depuis trois réunions consécutives du CSA, l’unanimité était faite autour de la tenue d’une rencontre à Kidal. C’est du moins ce dont nous informe Moussa Ag Attaher, responsable de la CMA et du MNLA. Aussi, poursuit-il, tout était fin prêt pour cette rencontre et les organisateurs avaient donné toutes les garanties sur les aspects sécuritaires.

Selon notre interlocuteur, les «ambassadeurs et tous les autres partenaires avaient la garantie sur ce point et étaient rassurés qu’ils pouvaient aller à Kidal, y séjourner, et revenir de la session du CSA sans courir aucun risque».

Ce qui est surprenant, selon Moussa Ag Attaher, c’est que ce n’est que quarante-huit heures avant qu’ils ont été informés, à travers un message laconique du médiateur, l’ambassadeur algérien au Mali (visiblement très embarrassé, lui aussi), de l’annulation de la tenue du CSA.

Coïncidences bizarres

 Il faut dire que tout cela se passe à un moment où le président du Niger, Mahamadou (Mamadou, comme l’appelle IBK), ne s’embarrasse pas de protocole quand il s’agit de parler du Mali et surtout de Kidal. Il est même parvenu à contaminer toute la sous-région et a suscité une réunion extraordinaire uniquement sur le sujet de Kidal. On ne peut donc pas s’empêcher de faire le rapprochement entre ses déclarations, ses prises de position et cette décision.

D’abord, Mahamadou Issoufou parle, dans la presse internationale, de Kidal comme d’une enclave, une base de repli des terroristes, etc. Il vient à Bamako, en face des Maliens, aux côtés du président de la République, répéter que «Kidal est une menace pour le Niger».

Une semaine après, en tant que président en exercice de la CEDEAO, il est le principal intervenant d’une session extraordinaire de cette institution qui, sans le dire officiellement, décide, en l’absence de ceux qui sont à Kidal, du sort de la capitale de l’Adrar des Ifoghas et, presque, de celui du Mali.



Le paradoxe Issoufou

Ce qui est incompréhensible dans le comportement du président du Niger, vis-à-vis de nos parents du Nord-Mali, c’est qu’au moment où il combat ceux-ci, les voue aux gémonies, les traite de tous les noms d’oiseaux et qu’il frise, même, l’ingérence dans les affaires maliennes, il promeut, chez lui, ses ex-rebelles.

Il nomme un Touareg Premier ministre pendant, bientôt, dix ans. Le seul qui a été chef de tous ses gouvernements depuis qu’il est président du Niger. Aussi, soutient-il, ouvertement, en tant que dauphin pour sa succession, un Arabe, originaire du Mali, Mohamed Bazoum.

C’est à se demander que veulent le président du Niger et tous ces pseudo- chefs d’Etat qui, à cause de notre absence sur la scène internationale, notre diplomatie médiocre et notre manque de leadership, essayent tous de briller en s’immisçant dans nos affaires, nous donnant tous des leçons.

Cette affaire CSA commence d’ailleurs à donner lieu à une crise qui s’accentue, un peu plus, tous les jours. Le président du Comité de suivi de l’accord, l’ambassadeur d’Algérie dans notre pays, vient de démissionner du CSA.

À suivre.

Makan Koné

Nouvelle Libération

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