Sans Tabou: vie chère, à quand la fin de la surenchère ?

Sous embargo pendant six mois, il n’est de secret pour personne que la hausse des prix est désormais une réalité au quotidien pour les Maliens.  En la matière, aucun produit ni aucun secteur n’échappe au phénomène. Transport, carburant, denrées de consommation courante, si les produits de première nécessité ne deviennent pas rares, leur prix les rend inaccessibles au pouvoir d’achat du consommateur malien, déjà très éprouvé. Avec la levée des sanctions économiques et financières de la CEDEAO, va-t-on assister à une normalisation des prix ? Ceux qui ont tout justifié par embargo sont maintenant interpellés. 

Lors de son dernier sommet, tenu à Accra le 3 juillet dernier, la CEDEAO a décidé de la levée partielle des sanctions sur le Mali au vu de progrès notables en vue du retour à l’ordre constitutionnel.

Ces sanctions qui concernent la fermeture des frontières, le gel des avoirs financiers du Mali, la suspension des échanges commerciaux et le rappel des ambassadeurs de la CEDEAO qui étaient en poste à Bamako ont été levés. Néanmoins, les sanctions individuelles contre les autorités de la transition et la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO restent maintenues jusqu’au retour à l’ordre constitutionnel.

Ici au Mali, cette décision a été accueillie par la population comme le plus grand cadeau de la Tabaski tant qu’il est vrai les ménages modestes croupissaient sous les impacts négatifs de ces sanctions, malgré les efforts des autorités.

Dans les marchés de la capitale, les produits locaux connaissent une augmentation vertigineuse. Aucun produit de grande consommation n’a échappé à la surenchère.

Selon certaines enquêtes, le fonio qui se vendait entre 400 et 450 francs CFA le kilogramme est cédé entre 1 000 voire 1 100 francs.

Le sac de riz local (Gambiaka), était cédé entre 17 000 et 17 500 francs, mais maintenant c’est entre 20 000 et 21 000 francs CFA.

L’année dernière à la même période, les fleurs d’hibiscus (Dableni) coûtaient 500 francs CFA le kilogramme, cette année, elles sont cédées à 2 350 francs », détaille le commerçant.

Le sac de maïs, qui revenait entre 12 000 et 15 000 francs, coûte désormais 28 000 francs, plus un coût de transport de 1 500 francs.

Le kilogramme de haricot niébé, entre 275 et 300 francs CFA auparavant, revient maintenant à 600 voire 650 francs par endroit.

Le bidon de 20 litres d’huile vaut désormais 25 000 francs CFA contre 14 000 auparavant, ce qui a fait passer le litre de 800 à presque 1 300 francs. Quant au sac de farine, de 16 000 francs CFA il est passé à 25 000 francs.

Si cette hausse insoutenable était le résultat combiné de plusieurs facteurs, force est de constater que la plupart des acteurs le justifient essentiellement par les conséquences de l’embargo.

Mais, au-delà de ces facteurs apparents, les observateurs n’ont pas manqué de constater que certains commerçants se livraient à la surenchère.

Car, certaines denrées qui sont produites et commercialisées chez nous, à l’image du sucre local, se retrouvaient au centre de la spéculation, au grand dam des ménages.

Alors que l’embargo est maintenant derrière nous, va-t-on assister à une normalisation des prix ?

En tout, il revient à l’État, au regard de la situation de prendre ces responsabilités pour mettre fin à cette supercherie qui n’a que trop duré.

Par Abdoulaye OUATTARA

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