Sans Tabou: affaire Paramount, Boubou se défend sans convaincre

Visé par un mandat d’arrêt international émis par le Procureur général de la Cour Suprême, Mamoudou TIMBO, dans l’affaire du marché public dit PARAMOUNT, l’ancien Premier ministre Dr Boubou CISSÉ, est sorti de sa réserve. Dans un communiqué de presse rendu public ce lundi 1er août 2022, il se dit déterminé à laver son honneur. «Contrairement à ce que veulent faire croire les personnes qui ont été chargées d’instruire ce dossier, en aucun cas je n’ai posé un acte illégal dans l’exercice de mes fonctions », s’est-il défendu.

L’ancien Premier ministre, Boubou CISSE, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour « faux, usage de faux et atteinte aux biens publics ». Depuis la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) dont il fut le Premier ministre, le 18 août 2020, Boubou CISSÉ, en exil en Côte d’Ivoire, s’était muré dans le silence.

Ce lundi, il a rompu le silence à travers un communiqué pour se disculper dans l’affaire de l’achat de véhicules blindés à la société sud-africaine Paramount. Une transaction de 60 millions de dollars, soit 37 milliards F CFA. « Contrairement à ce que veulent faire croire les personnes chargées d’instruire le dossier, je n’ai en aucun cas posé un acte illégal dans l’exercice de mes fonctions », a-t-il affirmé Boubou Cissé, tout en rappelant qu’il était ministre des Mines « au moment de la conclusion du marché, en octobre 2015 ».

En exil en Côte d’Ivoire, l’ancien PM explique qu’il n’a « jamais cherché à fuir ses responsabilités ou à échapper à ses devoirs de justiciable, pour autant que la justice demeure indépendante et impartiale ».

Pour Boubou Cissé, c’est la « visite musclée des forces de l’ordre à son domicile en décembre 2020 » suite à l’affaire dite « complot contre le gouvernement » et les « pressions » exercées sur sa famille qui l’ont poussée à s’éloigner « momentanément » du Mali.

De plus, il soutient que son absence « obéit à la volonté d’observer une posture de réserve afin de permettre aux autorités de la transition d’œuvrer au plus vite pour le rétablissement des équilibres sociopolitiques nécessaires au retour rapide à un ordre constitutionnel régulier ».

«Il ne faudrait donc pas que la justice malienne, qui a toujours été digne, puisse faire l’objet d’une instrumentalisation et ainsi détourner l’opinion publique des vrais enjeux du moment en matière sécuritaire, sociale et économique », s’est-il inquiété.

Le mandat d’arrêt international émis par la justice malienne concerne également deux autres anciens ministres d’IBK et un Directeur de banque.

Mais, à la lecture de ce communiqué aux allures de profession de foi, on peut se demander si l’ancien Premier ministre ne doute pas de l’intelligence collective des Maliens qu’il pense pouvoir manipuler à sa guise.

Sinon, il est difficile d’affirmer en même temps que « la justice malienne a toujours été digne » et de s’y soustraire.

Car, aujourd’hui le problème posé n’est pas pour Boubou Cissé de faire une profession de foi, mais de rentrer au Mali pour prouver son innocence devant un tribunal compétent.  En reconnaissant qu’il a agi dans le souci du respect des contrats signés avec nos fournisseurs, est-ce un début d’aveu ?

La question que l’on peut aussi se poser à ce niveau est de savoir pourquoi il a particulièrement agi dans le cadre de ce contrat alors qu’au même moment d’autres questions, à l’image de la dette intérieure qu’il a refusé de payer à son arrivée au département des finances en 2016, étaient en souffrance au niveau de son département ?

Notons par ailleurs que Boubou Cissé est aussi dans le collimateur du parquet de la Commune IV de Bamako à cause d’un enregistrement téléphonique dans lequel il aurait parlé en mal de la transition malienne avec Alassane Ouattara, le président de la Côte d’Ivoire.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source: info matin

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