Saisine du Conseil de sécurité de l’ONU par le Mali : Le crime restera-t-il impuni ?

La raison du plus fort est toujours la meilleure“, disait Jean de la Fontaine. Cet adage ne sied-t- il pas aux différends qui opposent aujourd’hui les autorités françaises à celles du Mali ?

En effet, depuis le lundi 15 août 2022, le Mali a porté plainte contre la France devant le Conseil de sécurité des Nations unies pour violation de son espace aérien, l’atteinte à sa souveraineté et soutien aux groupes terroristes. Malgré le caractère gravicisme de l’accusation, le Conseil de sécurité, sans pourtant opposer une fin de non-recevoir, a tout simplement choisi de faire la sourde oreille.

Une première dans l’histoire des relations internationales qu’une ancienne colonie appelle à la barre devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), son ancien colonisateur pour des actes qualifiables de crimes. Le monde entier était curieux de savoir le fond de ces problèmes et la réponse de l’ONU à cette plainte du Mali. Mais hélas ! Pour les plus curieux, l’attente sera encore plus longue qu’ils ne s’attendaient.  Car, malgré la persistance de l’État du Mali, le Conseil de sécurité, chargé de garantir les libertés fondamentales et les droits fondamentaux de tous les peuples, gage d’une paix mondiale, ne semble pas être intéressé par l’affaire. Ce qui laisse perplexe bon nombre de gens qui avaient foi à la justice onusienne.

Face à cette attitude passive de l’ONU et surtout l’absence de mobilisation des organisations sous régionales, panafricaines à l’image de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union africaine (UA) pour soutenir un des leurs qu’est le Mali, nous nous permettons de nous poser un certain nombre d’interrogations à savoir: pourquoi ce silence radio de la part de la communauté internationale face à la plainte de l’État du Mali ?  La plainte du Mali, en tant pays membre entier de l’ONU, ne mérite-t-elle pas qu’on accorde une petite considération surtout qu’elle fait allusion à des actes susceptibles d’être qualifiés de crimes contre l’humanité ? Ou bien, tout simplement, c’est la solidarité entre puissances impérialistes qui primerait sur la vie des gens qu’on considère encore dans notre subconscient comme des colonies ?

Nous entendons chaque jour l’ONU indexée tel ou tel pays de violations des droits humains, de crimes contre l’humanité, voire de génocides, cette accusation portée contre la France n’en est- elle pas une ? Ce crime restera-t-il impuni parce que c’est la France ?

En faisant fi à cette plainte du Mali, l’ONU ne va- t- elle pas perdre sa crédibilité aux yeux des pays en voie de développement ?

En tout état de cause, si ce combat de David contre Goliath semble être perdu d’avance pour les Maliens car, comme le dit- on, «les oiseaux de même plumage ne se dévorent jamais», les cas de l’Irak, de la Syrie, de l’Afghanistan et plus près de la Libye en sont une illustration parfaite. Cependant, il a eu le mérite de susciter un réveil brutal chez ces anciennes puissances impérialistes. Elles auront compris que le temps de “béni oui, oui” est révolu et que rien ne serait plus comme avant. Le peuple africain n’est plus prêt à se laisser trimballer par qui que soit. Elle aura également permis aux peuples dominés de comprendre, que la volonté seule de s’affranchir de la domination ne suffit pas mais que c’est dans l’action que l’on parviendra à briser cette chaîne. Alors le ton vient d’être donné par le Mali, il revient désormais à tous les autres pays africains de saisir cette opportunité, pour faire front commun derrière le Mali comme l’a fait l’Union européenne (UE) derrière la France, pour faire face à l’ennemi commun qu’est cette France et ses valets.

La libération réelle et totale de l’Afrique, c’est maintenant ou plus jamais. Ce combat, qui vient d’être enclenché par les autorités maliennes, est un devoir de génération. Comme l’a laissé entendre Franz Fanon “chaque génération a une mission, soit elle l’accomplisse, soit elle la trahisse“. Alors avec cette plainte, les autorités du Mali n’entendent s’arrêter en bout de chemin car, à travers cette dernière, elles attendent faire savoir au monde entier ce qu’un pays membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, chargé de veiller au respect des Droits humains et les libertés fondamentales pour que règne la paix entre les peuples, est en train de faire dans le monde. Ce combat, à notre sens doit être le combat de tous les peuples africains, enfin que soient bannies à jamais à l’intérieur de notre continent toutes formes d’injustice, d’exploitation de l’homme par l’homme et de pillages de nos ressources, pour une Afrique libre, unie et prospère.

Daouda DOUMBIA

Source: Inter De Bamako

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