OTAN au Mali: l’Espagne rétropédale

Parce que le Mali fait partie de cette « région représentant un intérêt stratégique » mais qui constitue à la fois une « source de menace potentielle », en raison de l’instabilité sécuritaire, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares n’exclut pas une intervention de l’OTAN «si c’était nécessaire et si cela représentait une menace pour notre sécurité». Convoqué au ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale sur les propos va-t-en guerre du ministre de son pays, l’ambassadeur du Royaume d’Espagne tente d’éteindre le feu. Le ministre espagnol en question nie avoir tenu la déclaration lors d’un échange téléphonique avec DIOP. Retour sur un scandale étouffé.

C’est peu de dire que notre pays est au cœur des enjeux européens et occidentaux. Fortement représentés dans la force onusienne déployée pour rien à faire depuis 2013, les pays européens et membres de l’Alliance Atlantique ne digèrent toujours pas leur renvoi par nos autorités à travers Barkhane et Takuba.

Comme ils n’ont pas réussi à nous imposer la force française Barkhane dans les airs, ils nous menacent d’intervenir au sol sous prétexte que la situation de notre pays constituerait une menace à leur sécurité en raison du terrorisme qui y prévaut, mais aussi de la forte émigration. Mais ils oublient commodément de préciser que cette situation est devenue ce qu’elle est aujourd’hui depuis leur autre intervention dans le cadre de la Minusma autorisé par le conseil de sécurité à travers la résolution N°2100 du 25 avril 2013.   

Quelques heures avant l’ouverture de ce sommet, le chef de la diplomatie espagnole s’était alarmé de la « présence russe croissante en Afrique, et plus particulièrement en Afrique du Nord ». S’agit-il de terrorisme, d’immigration, ou simplement une guerre par procuration à la Russie ?

En tout cas, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, avait appelé, le 25 mai, l’OTAN à se pencher sur « l’influence et les activités croissantes » de la Russie en Afrique, estimant que l’instabilité consécutive à cet engagement pourrait avoir un impact négatif sur l’Europe. Elle avait affirmé que «l’expansion des opérations de l’Etat russe et des sociétés de sécurité privées russes telles que le groupe Wagner dans des pays comme le Mali et la Libye est très claire », a-t-elle dit, ajoutant que l’OTAN « ne peut rester indifférente face à cette situation qui constitue une menace inquiétante ».

Sans se faire prier, le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a convoqué vendredi 1er juillet 2022 l’ambassadeur à s’expliquer sur les propos inamicaux, inacceptables, condamnables à la limite insultant de son Ministre des Affaires étrangères sur notre pays.

Ainsi, convoquant l’ambassadeur espagnol, le ministre DIOP a affirmé apporter la vive protestation du Mali face à la déclaration du ministre de ce pays ami.

Après avoir donné des apaisements, l’ambassade d’Espagne au Mali et au Burkina Faso avec résidence à Bamako dans un communiqué rendu public ce samedi a pris le contre-pied du ministre des Affaires étrangères espagnol. Le communiqué de l’ambassade affirme que : « L’Espagne n’a pas demandé pendant le sommet de l’OTAN ni à aucun moment une intervention, mission ou une action quelconque de l’Alliance au Mali. L’Espagne réaffirme ses liens profonds d’amitié et de coopération avec le Mali et continuera à développer une relation pacifique et amicale avec le Mali ».

Également dans la même journée le ministre espagnol à qui les propos sont attribués nie n’avoir tenu un tel discours dans un échange téléphonique avec le chef de la diplomatie malienne.

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin

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