Manifestation du 5 juin 2020: des erreurs de débutants …. Une proposition de sortie de crise

Les maliens souffrent et des problèmes réels subsistent:
– la corruption, les détournements et la trahison de l’état l’achat des équipements militaires, la gestion des salaires et primes, des faux contrats impliquant la signature du Ministre et autres qui sapent le morale des troupes… Ça c’est réel sous IBK. Je l’affirme.
– l’incertitude pour l’intégrité de notre territoire, la multiplication des attaques terroristes meurtrières et l’abandon de plusieurs populations civiles innocentes et désarmées face à leur tristes sort,
– la corruption à tous les niveaux,
– la crise scolaire avec des perturbations sur le déroulement normal des cours et le manque de confiance installée entre l’état et la synergie des syndicats d’enseignants, c’est un fait,
– la détérioration des coûts de la vie marquée par la raréfaction de l’argent, l’incapacité des chefs de familles à subvenir aux besoins vitaux de la famille, la paupérisation.
– la cherté de la vie qui n’est pas suivie par une amélioration substantielle des revenus des différentes couches de la société,
– la confiscation du vote des maliens par la cour constitutionnelle qui au lieu d’aller à l’apaisement taille sur mesure un arrêt aux conséquences fâcheuses sur la stabilité sociale, leur raison d’être,
– l’absence de dialogue continu entre le Président de la République, les tendances politiques, la société civile et la basse classe militaire,
– le manque de communication sociale (espaces d’échanges permanent entre les populations et l’état) ou médiatique pour expliquer davantage aux populations les orientations, les enjeux des actions et faits autour de la République, etc…

Voila, on peut continuer à dresser le tableau sombre du régime IBK.

Mais ce qui seraient plus sombre, c’est le renversement des institutions de la République laissant place à un chaos et à l’incertitude.

J’ai bien dit chaos et l’incertitude, et pour cause:

Ceux qui réclament aujourd’hui le départ d’IBK et de son régime ( étant entendu toutes les institutions) sont une partie du peuple mais ne sont pas le peuple souverain du Mali.
La CMAS de Mohamoud Dicko représente une grande frange de la population et est essentiellement composée de religieux favorables à un secte ( wahhabite) même si quelques intellectuels perdus parsèment la mêlée. Avec la CMAS se retrouvent miraculeusement des partis politiques ou groupe de partis politiques, le FSD et maintenant EMK de l’ancien Ministre de la culture Cheick Oumar Sissoko qui se réveille. Ils seraient seulement 35 partis politiques à souscrire aux renversements des institutions, alors que Mali en compte plus de 200 pourtant.

Alors, vous convenez avec moi que si c’est par classent categoriels:
– les religieux ne sont pas tous avec Dicko notamment, le Haut conseil islamique à 90%, les leaders religieux de Segou, de Djenné, de Kayes, de Tombouctou et autres, la tendance des Ousmane Cherif Haidara, Chouala Bayaya Haidara, Soufi Bilal Diallo, une bonne partie des Tidjianites, bref Dicko n’est qu’avec 5% des religieux. Alors il ne peux pas les représentés en prenant le pouvoir car ils ne se reconnaîtront pas en lui pour gérer le Mali en leurs noms. S’il y avait un consensus religieux musulmans autour de la CMAS ou de la personne de Dicko, il aurait une légitimité religieuse. Mais non. Sans oublier aissi que les églises du Mali dans leur totalité désapprouvent le progrès séparatiste des wahhabites politiques.

Sur le plan des catégories politiques, l’EMK vient de naître, le FSD a perdu sa substance avec le départ du Parena, le PSP et autres puis l’enlèvement de Soumaila Cissé qui ne vientrien arranger. Les autres micros partis qui le composent, cherchent encore leurs voies. Avec 35 partis politiques, ce regroupement de mécontents politiques ne peut pas non plus représenter la classe politique quand on sait que le RPM partis au pouvoir a un poid actuellement , suivi de l’Adema et les autres partis de l’EMP, les partis politiques non-alignés qui gardent le silence soit près de 150 formations politiques, restés en marge avec leurs militants et sympathisants. Ici encore, la synergie CMAS, FSD, EMK et autres ne font pas le poids devant le reste le la classe politique.

Quid de la société civile ?
L’UNTM, la CAFO , les associations et Mouvements dans la majorité ne souscrivent pas au projet politique de l’imam Mohamoud Dicko et de ses suiveurs politiques alors qu’ils sont les plus nombreux malgré leur silence parfois.

Alors, ce Mouvement politico-musulman a la force, certes, de débrayer mais ne pourra jamais réussir un renversement du régime actuel sauf s’ils obtenaient en douce la caution de l’ensemble de secteurs cités plus haut. Ce qui n’est pas encore le cas.

Je n’évoquerait même pas l’opposition de l’armée à leur projet car ça saute à l’oeil qu’ils n’inspirent pas confiance aux yeux de la grandes muettes malgré leurs difficultés. Ils manquent de crédibilité politique à leurs yeux.

Cependant, la grande mobilisation de ce 5 juin est un message fort à l’endroit du président de la République Ibrahim Boubacar Keita qui doit ouvrir un espace de dialogue avec les frondeurs pour prendre en compte leurs préoccupations dans la gestion du pays. En d’autres termes, IBK doit faire des concessions, mettre en place un cadre permanent de dialogue et de travail avec la CMAS, le FSD, l’EMK et l’ensemble des groupes politiques du Mouvement des contestataires pour aboutir à :

– la nomination d’un Premier ministre consensuelle et un Gouvernement d’union nationale incluant le Mouvement des contestataires du 5 juin,
– l’élaboration d’une feuille de route consensuelle pour le redresement de l’état avec des échéances et des mécanisme de suivi-évaluation incluant l’ensemble des acteurs.
– la création d’un cadre permanent de travail entre l’état et les différents responsables des différents regroupements ou courants politiques du pays.

Ainsi, le Mouvement des contestataires du 5 juin, les autres parties favorables à la stabilité, trouveront tous leur compte.
Sinon, un scénario de 2012 avec le rrisque rejet et contestations des autres couches opposées au clan Dicko, nous amènera forcément dans des discussions infinies à Ouagadougou ou ailleurs pendant que l’armée sera démobilisée. Pendant que nous gérerons les questions politiques ici à Bamako, en 5 jours seulement, Bilal Ag Acherif fermera certainement « ses frontières » avec le Mali, Iyad Ag Gali et Amadou Kouffa planteront le drapeau de l’état islamique dans toutes les régions du Mali y compris la capitale car ils n’auront personne en face d’eux. Et cette faute, elle ne sera pas celle d’IBK mais comme en 2012, elle sera d’abord celle du peuple immobile et ensuite celle du Mouvement des contestataires.

C’est à prendre ou à laisser.

Seydouou Oumar Traoré, journaliste.

SourceMalijet

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