LUTTE CONTRE L’ENRICHISSEMENT ILLICITE : LA POLITIQUE DU BÂTON ET DE LA CAROTTE

Environ une trentaine de dossiers enrichissement illicite traités au niveau de la justice feraient, selon des confidences, objet de traitement variés. Le ministre de la justice, Mahamadou Kassogue aurait proposé pour certains mise en cause le remboursement des sommes dues. D’autres indélicats devraient passer devant les tribunaux.

Le temps de la justice, dit-on, n’est pas le temps de la politique. Mais le temps passant, l’opinion se demande aujourd’hui quel sort a-t-il été réservé aux dossiers de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite dont, à ce jour, seul Soumeylou Boubeye MAIGA semble faire les frais. Il est aujourd’hui temps de relancer les dossiers sinon l’opinion ne croirait plus à la volonté affirmée des autorités de lutter sans réserve contre la corruption et l’enrichissement illicite, nous confie sous anonyme un conseiller du premier ministre qui soutient que” le temps politique peut bien bousculer le temps de la justice et aujourd’hui, l’épisode de l’affirmation de la souveraineté notamment face à la France a vécu. L’opinion va maintenant réclamer les résultats de la lutte contre la corruption engagée par le président de la transition.C’est vrai que le temps politique peut souvent bousculer le temps de la justice et lui faire dire parfois tout et même n’importe quoi. L’élargissement de Bakary Togola dans un dossier ficelé en son temps par Mahamadou Kassogue alors qu’il était procureur anti corruption n’a pas manqué d’étonner le même Mahamadou Kassogue, devenu ministre depuis à tel point qu’il a demandé à ouvrir une enquête sur la cour qui a jugé non coupable l’ancien président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali Apcam.

Depuis”le ministre a demandé aux juges anti corruption de veiller désormais à ce que les dossiers soient bien ficelés pour permettre aucune faiblesse dans l’instruction” nous assure un conseiller de Mahamadou Kassogue qui laisse entendre que à ce jour, certains dossiers qui ont été bouclés, ont fait l’objet d’une entente entre les mise en cause et l’état. Ils ont accepté de rembourser l’argent et les biens qu’ils ont dû accaparer frauduleusement. D’autres dont les reproches sont lourdes devront bientôt passer devant la justice’On pense aux six dossiers de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite oclei, révélé dans le rapport 2020 de la structure. l’Oclei avisait que sur les comptes bancaires des 6 personnes, ses enquêteurs ont pointé 2 milliards 588 millions de francs CFA de 2014 à 2020  alors que les revenus légitimes des personnes concernées s’élèvent à seulement 317 millions de francs CFA.

Leurs dossiers avaient été transmis à la justice avec des détails précis. On apprenait ainsi que 37 maisons d’habitation et 178 parcelles dont 83 concessions rurales totalisant 176 ha étaient indexés, que le montant total des entrées sur les comptes bancaires des 6  personnes s’élève à 2 milliards 588 millions de francs CFA de 2014 à 2020; alors que dans la même période leurs revenus s’élèvent à 317 millions de francs CFA.

Les ” gros poissons au régime sec
Il semble aujourd’hui que ce sont ces personnes et d’autres dossiers de petits détournements qui bénéficieraient de cette clémence de la justice.

Suite aux multiples auditions du pôle économique et financier du tribunal de grande instance de la commune III de Bamako, des dossiers ont été transmis à la justice qui a aujourd’hui aussi presque bouclés ses enquêtes notamment concernant le dossier des marchés d’acquisition des équipements et matériels militaires dans lequel seul Soumeylou Boubeye MAIGA a été mis en détention provisoire. A en croire, nos sources d’autres personnes devront bientôt être appelées par la justice qui prépare une session spéciale.

Celà est plutôt dû à la communication sur le cas de SBM dont la famille demande la clémence d’Assimi Goïta au regard de la santé très dégradée de l’ancien premier ministre pour le laisser se soigner à l’étranger” soutient un de ses avocats qui dit ne pas être étonné par l’accélération que va prendre ce dossier car son client dit il est en prison depuis des mois sans être jugé et que le délai légal de cette détention provisoire serait bientôt dépassé.Plusieurs anciens ministres de la défense ont été auditionné et la justice avait demandé à approfondir les enquêtes sur le dossier des marchés d’acquisition des équipements et matériels militaires adossé à la fameuse loi d’orientation et de programmation militaire pour une enveloppe budgétaire globale de 1230 milliards 583 972 mille 349 f CFA.Dans ce dossier sont impliqués des ministres et leurs collaborateurs, des fournisseurs, etc . Certains avaient été interpellés et écroués dans le plus grand secret et le ministre de la justice Mahamadou Kassogue invitait les juges à agir sans état d’âme dans la lutte contre la corruption, la délinquance financière sous toutes ses formes parce que les gens ont tendance à penser que certains sont au dessus des lois, certains sont intouchables ou que la justice est sélective.

On annonçait dans ces mêmes colonnes, il n’y a pas longtemps que le ministre Kassogue se trouvait confronté à un sérieux problème au sein de l’administration de la justice face à des procureurs qui hésitaient à prendre en charge les dossiers de corruption d’anciens ministres. Ces procureurs expérimentés de la cour suprême rechignaient jusque-là à instruire le dossier de soupçon de corruption et détournement de derniers publics d’anciens dignitaires de l’ère IBK.

Source : O bakel
Focus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.