Lutte contre le terrorisme: les adieux de Takuba

Dans un communiqué, le ministère des armées de la France annonce la fin à partir du 1 juillet, des opérations de la Force Takuba constituée des soldats des pays de l’Europe pour mener la croisade contre le terrorisme au Mali.

Alors que la ré-articulation de l’opération Barkhane est en cours conformément à la décision du président français, Emmanuel MACRON ; le ministère des armées de son pays annonce la fin des missions de la Force Takuba qui fait ses adieux au Mali.

C’est la fin donc de Takuba, une agrégation de forces spéciales européennes, victime collatérale des tensions entre la France et le Mali en quête de souveraineté.

Mais Takuba était perçue aussi comme une organisation militaire où les forces européennes avaient la liberté de s’inviter dans notre pays avec des armes et bagages, y agir en toute impunité sans l’aval du gouvernement et du Peuple malien.

Ainsi, l’on se rappelle que dans un communiqué rendu public en janvier dernier, les autorités de la Transition ont demandé le retrait des soldats sur notre territoire.

Le motif, selon le communiqué, le pays n’a approuvé «aucun accord» autorisant le déploiement et il «invite, avec insistance, la partie danoise à retirer immédiatement ses forces spéciales du territoire malien»

L’histoire dira que c’est la réorganisation du dispositif militaire français au Sahel, «décidée en relation étroite avec les partenaires européens et nord-américains» qui a conduit à la fin des opérations de la Task-Force Takuba au Mali, mais jamais que c’est le Mali qui a demandé son départ ainsi que celui de Barkhane en février 2022. Guerre informationnelle oblige.

Lancée le 27 mars 2020, la Task-Force Takuba était composée de 10 nations contributrices : Belgique, République Tchèque, Danemark, Estonie, France, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède).

Takuba a atteint sa capacité opérationnelle initiale le 15 juillet 2020, et sa pleine capacité opérationnelle le 2 avril 2021.

La TF TAKUBA a rassemblé environ 800 soldats de 10 pays et a même été placée sous le commandement de l’un d’entre eux : la Suède.

L’évolution du contexte politique de notre pays, surtout la crise diplomatique entre Bamako et Paris, aura eu raison du groupement européen de forces spéciales.

En janvier, le Danemark fut contraint de rappeler le contingent qu’il venait de déployer à Ménaka au sein de Takuba après un différend diplomatique avec Bamako. Puis, la décision de la France de réorganiser son dispositif militaire au Sahel et de retirer ses troupes du Mali sonna le glas du groupement européen.

Lors d’une audition parlementaire, le général Thierry Burkhard, le chef d’état-major des armées (CEMA), scelle le sort de la Task-Force : «je ne pense pas que Takuba soit directement transposable dans un autre pays. D’abord, nous ne pouvons pas décider d’un lieu où l’installer : il faut trouver un pays africain qui veuille bien l’accueillir. Mais surtout, c’est rendu impossible par les processus politiques propres aux pays participants à Takuba. »

Selon l’État-major français, le devenir des contingents étrangers relèvent désormais des gouvernements concernés. Certains ont déjà indiqué leur retrait du Sahel ; d’autres pourraient négocier avec des pays d’accueil comme le Niger en vue du maintien d’une capacité de formation, conseil etc.

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin

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