L’UE SUSPEND LA FORMATION MILITAIRE AU MALI

L’UNION EUROPÉENNE A TEMPORAIREMENT SUSPENDU LES OPÉRATIONS DE FORMATION MILITAIRE DE SA MISSION AU MALI, EUTM MALI, APRÈS QUE BAMAKO N’A PAS FOURNI DE GARANTIES DE SÉCURITÉ ET À LA SUITE D’INFORMATIONS FAISANT ÉTAT DE POSSIBLES VIOLATIONS GRAVES DES DROITS DE L’HOMME COMMISES DANS LE NORD DU PAYS PAR DES SOLDATS MALIENS ET DES PARAMILITAIRES RUSSES.

Selon des sources européennes, la décision a été prise mardi dernier dans le cadre du Comité politique et de sécurité de l’UE après que la junte militaire malienne n’a pas répondu positivement à la demande de garanties de sécurité de Bruxelles et que les troupes formées par les Européens sont sous l’influence du Groupe Wagner, une société privée russe liée au Kremlin qui opère dans le pays.

En tout état de cause, les sources européennes affirment que la décision est « temporaire et réversible » et que les activités opérationnelles d’EUTM Mali peuvent être reprises si les conditions sont remplies. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’UE gèle la mission, qui avait déjà été suspendue à l’été 2020 suite au coup d’État dans le pays.

 

De même, l’UE insiste sur le fait qu’elle maintiendra sa présence dans le pays sahélien et laisse la porte ouverte à une collaboration avec l’armée malienne dans le cadre d’activités de conseil et de formation, c’est-à-dire celles qui n’impliquent pas d’éléments militaires opérationnels. « Ni le dialogue ni la coopération n’ont été rompus, et nous restons engagés auprès des populations, notamment dans l’aspect humanitaire », ont déclaré les sources consultées.

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Il y a une semaine, au Parlement, le haut représentant de l’UE pour la politique étrangère, Josep Borrell, a admis qu’il était inévitable de modifier la taille de la mission et de suspendre « les aspects militaires les plus sensibles », compte tenu de l’évolution des événements au Mali.

Un processus plus large est en cours, qui concerne la « régionalisation » de la mission EUTM et la possibilité d’opérer à partir d’un autre pays du Sahel, comme la France l’a confirmé après avoir annoncé il y a un mois le départ de ses troupes en plein désaccord avec Bamako sur l’expulsion de son ambassadeur.

 

La fin de l’opération Barjane au Mali a mis en péril la continuité de l’EUTM Mali, dont la sécurité était garantie par les opérations françaises. Tout ceci malgré la volonté de l’Espagne, principal contributeur à l’opération avec plus de 500 soldats, et de l’UE de maintenir la mission.

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DES DÉSACCORDS AVEC LA JUNTE MILITAIRE

L’arrivée au pouvoir d’une junte militaire responsable de deux coups d’État en moins d’un an et l’influence croissante de la Russie, ainsi que les projets de Bamako de reporter la feuille de route pour une transition démocratique et les frictions permanentes avec les pays européens, ont forcé cette décision.

En février dernier, M. Borrell a envoyé une mission diplomatique pour évaluer la situation sur le terrain, qui a constaté que les choses n’allaient pas « dans la bonne direction ».

Un autre élément qui a pu précipiter la décision est les opérations militaires menées par les forces maliennes au cours de la dernière semaine de mars dans la ville de Moura, dans le nord du Mali, qui font état de graves violations des droits, notamment l’exécution de centaines de civils.

EUTM Mali a été créée en 2013 à la demande de Bamako et fait partie du plan global de l’UE pour la sécurité et le développement au Sahel. Le mandat de ces missions est de « travailler avec les autorités légitimes et de les soutenir dans le développement des forces de sécurité ».

 

Source: beninactu

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