Kigali « fera face à la France », affirme le président Kagamé

L’heure est à la riposte pour le gouvernement rwandais, après la mise en cause du président Paul Kagamé et de neuf de ses proches, par le juge français Jean-Louis Bruguière.

L’heure est à la riposte pour le gouvernement rwandais, après la mise en cause du président Paul Kagamé et de neuf de ses proches, par le juge français Jean-Louis Bruguière, pour l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président Habyarimana.

« Maintenant, nous allons jouer sur le même terrain que la France. Ce que (les Français) font contre nous, nous le ferons contre eux », a déclaré Paul Kagamé, dans un entretien diffusé, samedi 25 novembre, par i-TELE. « La France est un pays riche, (…) donc elle pense qu’elle a toujours raison, même quand elle a tort, a-t-il poursuivi. Mais la France ne peut pas traiter le Rwanda comme elle a traité d’autres pays en voie de développement. Nous ferons face à la France. »

Estimant que les mandats d’arrêt émis par le juge Bruguière sont « dénués de sens », le président Kagamé interroge : « A l’endroit où cet avion a été descendu, la zone était contrôlée par les Français. Alors, pourquoi n’a-t-on pas demandé des explications aux Français ? »

« La France est impliquée dans le génocide. Il n’y a aucun doute là-dessus », affirme aussi M. Kagamé, qui invite le juge Bruguière à s’intéresser « au génocide que nous avons subi et à ceux qui l’ont provoqué plutôt qu’à ce crash d’avion ».

Au moment où ces déclarations étaient diffusées, l’ambassadeur de France à Kigali, Dominique Decherf, regagnait l’Europe, vingt-quatre heures après la rupture des relations diplomatiques décidée vendredi par le Rwanda.

Le ministre français des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, interrogé dimanche par Radio-J, a « regretté d’autant plus (cette décision) que (la France était) en train de relancer des relations fortes » avec le Rwanda, assurant que la décision du juge n’avait « rien à voir avec une décision politique ». Ce qui n’empêche pas le quotidien Newtimes de Kigali de dénoncer « les intentions diaboliques » de la France.

Source: LE MONDE

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