INTERPELLÉ AU CAMP I DE BAMAKO POUR AVOIR ACCUSÉ L’ARMÉE « D’EXACTIONS CONTRE LES CIVILS » : OUMAR MARIKO RESTE « INTROUVABLE »

Tout semble parti des propos que l’incontournable opposant politique aurait tenus lors de la conférence débat du samedi, 2 avril 2022, à l’occasion du 31ème anniversaire de l’exercice démocratique au Mali, organisé par l’Adema-PASJ, une force politique, pour les acteurs politiques témoins de l’histoire. Débat pourtant animé par près d’une dizaine de politiques, seul Oumar Mariko, le leader du parti SADI devenu introuvable depuis quelques jours, fait l’objet de recherche par les éléments de camp I de Bamako, capitale du Mali.

Connu pour son franc-parler, le leader considéré par moult de gens comme une référence a-t-il finalement osé prendre la poudre d’escampette ? L’homme ayant tout le temps eu l’honneur d’être élu député de Kolondiéba s’est caché par manque de preuve dans ce qu’il a avancé comme propos, lors de ladite conférence débat, ou c’est parce qu’il serait soumis à des tortures ou humiliations, même s’il aura dit la vérité ? En tout état de cause, le témoin oculaire des évènements de mars 1991 du Mali (l’avènement de la démocratie) n’arrive pas à se présenter devant les éléments de Camp I de Bamako. Ces derniers cherchent d’ailleurs l’homme politique en vain. Dans un communiqué rendu public le lundi, 4 avril 2022, le bureau politique du parti Solidarité africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) a voulu décanter la situation. À l’opinion nationale et internationale, la force politique informe qu’en date du lundi 4 avril, aux environs de 17H, des hommes lourdement armés (une douzaine) ont fait irruption au domicile du Dr. Oumar Mariko. Lesquels éléments étaient en train de chercher activement l’ex-député de Kolondiéba. « N’ayant pas obtenu gain de cause, ils (hommes armés) ont encerclé son domicile et attendent son arrivée pour procéder à son enlèvement. Cette descente digne d’une scène de rodéo rappelle le tristement célèbre comité militaire de libération nationale, cette soldatesque néocoloniale qui s’est illustrée par la terreur pour réduire au silence tous ceux qui les empêchent de tourner en rond », indique-t-on dans le communiqué. Haut et fort, le Bureau politique approuve que cette descente musclée ait été précédée par une campagne médiatique accusatoire. Laquelle a été menée tambour battant par des éléments fanatisés du pouvoir CNSP(nom du groupe constitué par Assimi Goita et ses frères putschistes, après la chute du régime IBK, le 18 août 2020).Les éléments fanatisés du CNSP qui, ajoute-t-on dans le communiqué, en appelaient, ouvertement, à l’arrestation du président du parti SADI, en l’occurrence Oumar Mariko, suite aux propos tenus lors du débat sur le bilan du mouvement démocratique organisé, le 2 avril 2022, par le parti Adéma-PASJ. Sans ambages, le bureau politique énonce dénoncer « avec vigueur les intimidations et les menaces du pouvoir à l’encontre de toute expression autonome et indépendante contraire à la vérité officielle ». Aussi, la force politique soutient avoir condamné « les atteintes graves aux libertés individuelles et collectives, devenues la marque de fabrique du régime de transition qui s’est désormais spécialisé dans le radicalisme verbal, outrancier et démagogique sous le clinquant artificiel d’un patriotisme de la 25ème heure ». Les membres du bureau annoncent avoir condamné « l’acharnement des autorités de la transition contre le président du parti SADI ».Ils soulignent avoir pris l’opinion nationale et internationale à témoin sur les « dérives autocratiques du régime de la transition ».Ainsi, la question taraudant l’esprit des patriotes dans cette histoire consiste à savoir ce que le Dr Mariko aurait exactement tenu comme propos et qui aurait suscité cette poursuite. Selon certaines indiscrétions, l’homme se serait permis, au cours de ladite conférence débat du samedi 2 avril, de tenir des propos accusatoires contre l’armée malienne, au sujet des évènements survenus à Mourah, dans le cercle de Djenné, où l’armée se réjouit d’avoir neutralisé 203 terroristes. Partant de certaines données, on peut également retenir ceci : « Pour des propos accusant l’armée d’assassinat, d’exécution, et de débordement, lors d’une opération à Mourah, des hommes armés font irruption au domicile du Dr. Oumar Mariko et montent le pied de grue ». En tout cas, tout parte à croire que le leader politique reste introuvable, au moment où nous mettons cet article sous presse. Affaire à suivre.

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS

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