ÉLARGISSEMENT DES ORGANES DE DE LA TRANSITION : LE CNT DANS LE VISEUR DE CRIMINELS À COL-BLANC

Annoncée en conseil des ministres puis consacrée par la relecture de la Charte, l’ouverture du gouvernement et de l’organe législatif de Transition aura attisé les convoitises de bien de prétendants aux fonctions ministériels et parlementaires. Elle pourrait entraîner une infestation de la Transition par des prévaricateurs si l’on n’y prend garde.

Puisque le gouvernement n’est ouvert que pour trois nouveaux rentrants, les appétits s’aiguisent particulièrement, depuis l’annonce de son élargissement, pour le Conseil National de Transition, objet de tant de tractations et négociations très intenses. Et chacun y va actuellement de ses visées, stratégies et motivations plus ou moins voilées. Il y a ceux pour qui l’accès à l’organe législatif transitoire tient lieu de précieuse couverture sociale  pour ses sessions grassement rémunérées et ceux pour qui le CNT pourrait servir en même temps de refuge inespéré voire une niche de protection contre des ennuis judiciaires éventuels ou imminents.

Il n’est pas surprenant, dès lors, que le moindre siège affecté aux organisations politiques et socioprofessionnelles, entre autres entités éligibles à quelque proportion des 26 sièges à pouvoir, fassent l’objet d’âpres disputes et marchandages. Il nous revient, en effet,  que des tractations ont cours aux niveaux de nombreuses formations politiques et organisations de la société civile pressenties pour bénéficier de sièges dont la répartition risque de s’opérer à l’insu de leurs militants. La moisson risque donc de revenir à des prétendants extérieurs aux formations concernées qui, au regard de l’importance de l’enjeu, font des pieds et des mains pour décrocher à tout prix un statut de législateur. Et pour cause, derrière la course effrénée au CNT pourrait se cacher, chez la plupart d’entre eux, une quête d’abri pour dissimuler des casseroles, un paravent pour empêcher la justice de fouiller dans leurs poubelles.

Il revient donc au chef de l’Etat et président de la Transition, signataire de décrets y afférents, de filtrer au maximum l’accès aux fonctions de législateurs ou de membre du gouvernement en le conditionnant à la moralité des membres potentiels, à la virginité de leurs casiers judiciaires ainsi qu’à la levée de toute équivoque sur leur parcours et comportement dans les responsabilités précédemment assumées. Faute de quoi, bonjour la prime à l’impunité et la culture de la légèreté avec le risque de mettre à mal la confiance dont jouissent les autorités de Transition auprès du peuple.

A KEÏTA 

Source: Le Témoin

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