EDITORIAL : AU TRAVAIL AU LIEU DE TIRER SUR LE CORBILLARD

Le bras de fer entre la France et les autorités de la transition malienne est devenu une occasion pour verser toute la hargne. Cette histoire de la France doit être derrière le Mali. Il ne faut même pas se presser, elle partira car elle n’a plus le choix. Les Maliens sont debout.

Pour le Mali, la France n’ayant pas réussi à faire fléchir la junte, est devenu un corbillard. Cela ne vaut pas la peine de tirer sur elle. Les manifestations n’ont que trop duré. Il est clair que tout Malien, à moins qu’il soit un apatride, ne saurait en aucune manière défendre la France contre son pays.

L’on n’avait pas fini de panser les plaies de la colonisation, le néocolonialisme était en train d’en faire. La junte, depuis son installation suite au coup d’Etat d’août 2020, est en train de faire ses preuves sur le front de la sécurité dont les Maliens avaient la nostalgie.

Comme chacun fait de son mieux, le peuple malien aussi s’est battu sur son front, celui de la mobilisation pour demander le départ sans délai des forces européennes et soutenir les autorités.

La rupture entre le Mali et la France est en train d’être consommée. Et Barkhane et Takuba n’en n’ont plus pour longtemps au Mali. C’est dire que la victoire n’est pas loin avec le feu que les FAMa jettent sur les forces du mal.

Alors, si on cultivait notre jardin ? Le travail est la raison d’être de chaque individu. C’est lui qui « assure également l’indépendance des peuples », comme l’a dit l’écrivain ivoirien Bernard Binlin Dadié. Si dans son conte philosophique ‘’Candide’’, Voltaire invite au travail pensant que « c’est le seul moyen de rendre la vie supportable », les Maliens doivent savoir qu’une chose est de demander le départ de Barkhane et Takuba, une autre, l’incontournable même pour l’indépendance, est le labeur.

Alors, le Mali aux Maliens se construit par le travail. Donc trêve de trop de bruit, de manifestations tous azimuts pour mettre la main à la pâte. Le maçon se voit au pied du mur. « Le tigre ne crie pas sa tigritude, il saute sur sa proie et la mange », dit le dramaturge nigérian Wole Soyinka. Maliens engagés pour la cause noble de la nouvelle indépendance, « seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse », disait Alfred de Vigny. Il y a un début et une fin pour tout.

Bazoumana KANE

Source : L’Alerte

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