DISSIDENCE M5-RFP: POUR LE MALI OU POUR LES PLACES ?

« À chaque jour suffit sa peine… » ! Au regard de la situation de plus en plus complexe, voire inextricable de cette patrie du Bon Dieu, on peut sans aucun parjure se demander si Jésus a fait si bien de dire à ses disciples de ne pas s’inquiéter « du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même.  À chaque jour suffit sa peine » (Matthieu, 6 : 34). Au Mali de ce mois d’août 2022, faut-il faire face aux difficultés d’aujourd’hui sans s’inquiéter de celles que peut réserver l’avenir ?  Car, les jours y passent et s’y ressemblent à s’y méprendre au cycle vertigineux de l’enchevêtrement des affaires et des épreuves, plus douloureuses et plus mortifères les unes que les autres. Pourvu de pouvoir tenir ses nerfs, on y voit défiler le cocasse et le pathétique comme dans le neuvième cercle de l’Enfer de Dantès.

Oublions le prodigieux fils de cette terre bénite qui requiert contre le gouvernement de la République pour avoir « pris en otage 49 soldats ivoiriens », et pareillement le risque inconsidéré de mettre en péril la vie et le confort de l’importante communauté malienne qui réside en Côte d’Ivoire. Et ceux qui se sont délectés de la perspective d’une crise diplomatique entre notre pays et l’Algérie suite à la déformation des propos du Président Tebboune qui conseillait fraternellement à nos autorités d’aller rapidement aux élections et de mettre en œuvre l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale…

Le plus drôle est que la plupart d’entre nous qui tançons le gouvernement de quelques incompétences et constipations intellectuelles ne se rendent pas contents de leurs propres infirmités morales. Prêtons la sagesse à Socrates, sans aucune arrogance : « tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien, tandis que les autres croient savoir ce qu’ils ne savent pas ». Malheureusement comme hier, ce sont ceux qui crient le plus fort qui sont les plus écoutés. Pour preuve, le gouvernement a été presque lynché pour avoir dit que les militaires ivoiriens sont venus dans notre pays à l’insu de tout le monde : autorités maliennes, Minusma et même leurs propres autorités. Trois semaines après, rien de ce que le gouvernement a dit n’a été démenti…

Si toutes les chapelles politiques se sont mises en choral pour dénoncer l’attaque contre le camp Soundjata de Kati, bastion imprenable des FAMa et antre du colonel des colonels, Président de la Transition Assimi Goïta, aucun leader, parti ou regroupement politique n’a émis le moindre communiqué quand le président Emmanuel Macron, lors de sa tournée en Guinée Bissau le 28 juillet 2022, a accusé notre armée nationale de cibler et d’exercer une violence aveugle sur l’ethnie peule.

Ces propos attentatoires au socle même de notre nation, parce que porteurs de stigmatisation et de haine ethnique qui n’ont pas encore reçu l’attention de la gente politique se commentent sous cape, certains secrètement s’en délectent, non pas parce qu’ils sont de la communauté peule, mais parce qu’ils espèrent que celle-là a trouvé en Macron un allié et un défenseur contre les militaires. S’agit-il du Mali ou des militaires au pouvoir ? Peu importe, il faut qu’ils partent, c’est le vœu d’une partie de la communauté internationale, entend-on dire ? Mais pour ce qui est du vœu de la communauté nationale exprimé lors des Assises nationales de la refondation (ANRs), on s’en torche. Et l’on veut que les Maliens, floués depuis trois décennies par les mêmes litanies prennent au sérieux ces gens-là.

L’occasion vient d’être donnée à certains, à travers un mandat d’arrêt international lancé ce 25 juillet 2022 à leur encontre dans l’affaire Paramount, de redorer le blason de l’ensemble des politiciens au banc de la société, mais hélas : ils se sont défilés. À travers des histoires à faire dormir debout, certains ont tenté de se justifier, mais aucun jusqu’ici n’a attesté qu’il n’est pas lié et n’a pas été mêlé à cette affaire d’une manière ou d’autres. Y a-t-il un acharnement particulier des autorités envers leurs personnes comme ils prétendent ?

Plus pathétiques encore, cette philharmonique « de chercheurs de place » qui croient pouvoir se jouer de la mémoire des Maliens et de leur intelligence en se présentant comme des victimes de leur ex-camarade, le Premier ministre « clivant », Choguel Kokalla Maïga. La bande des désabusés et des déçus du Mouvement du 5 juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) veut faire croire que le Chef du gouvernement va détruire le pays comme il a détruit le M5. Ils veulent convaincre le Président Assimi Goïta, à travers leur union de façade, de remplacer Choguel Kokalla Maïga par un des leurs pour que tous les problèmes du Mali (sécurité, vie chère, crise diplomatique…) s’envolent comme par enchantement. Sauf que voilà, les Maliens ont encore en mémoire que le M5 était mort de sa belle mort, bien avant la nomination de Choguel.

En effet, après le Coup d’État contre IBK, le M5 s’est disloqué à la recherche de la Primature. Sans concertation, plusieurs cadres et ténors du Mouvement se sont précipités à aller déposer leur CV auprès des jeunes officiers venus parachever leur lutte. En donnant l’image d’un mouvement alimentaire, des responsables du M5 ont montré leur vraie face aux Maliens dissimulée sous le couvert d’un combat de justice, de la lutte contre la corruption, de la lutte contre l’insécurité.    

En dépit des subterfuges politiciens, l’écran de fumée de cette sortie qui masque la vraie cabale pour des postes se dissipera et comme des sorcières surpris par la levée du jour le peuple du Mali découvrira qui est finalement qui. En attendant, les Maliens préfèrent prendre le pari sur ce qui palpable : “L’autorité d’un seul homme compétent, qui donne de bonnes raisons et des preuves certaines, vaut mieux que le consentement unanime de ceux qui n’y comprennent rien.” (Galilée)

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin

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