Chicha: un Collectif se mobilise

Quarante-huit heures après l’annonce du gouvernement du Mali interdisant l’importation, la distribution, la vente et la consommation de la Chicha, le «Collectif des Distributeurs de la Chicha au Mali» a convoqué une rencontre urgente, ce mercredi 17 août 2022, à l’hippodrome, pour se pencher sur la question.

Cette rencontre, selon le collectif, avait pour objectif de plaider auprès des Autorités nationales une trouver une solution alternative à l’interdiction de cette activité qui fait vivre beaucoup de jeunes et des opérateurs économiques.

Au cours de cette rencontre, les responsables du Collectif ont déploré que leurs camarades soient déjà convoqués à Mopti par la police par rapport à l’utilisation de la Chicha.

Au nom du Collectif, Mahamadou Diougoury DIAWARA a révélé qu’un arrêté interministériel sur les réseaux sociaux en date du 15 août 2022, avait surpris et paniqué les membres du Collectif.
D’où la tenue de cette rencontre d’urgence du Collectif, selon lui, pour savoir réellement si cet arrêté interministériel interdisant l’importation, la distribution, la vente et la consommation de la Chicha au Mali est fondé.
De l’avis de DIAWARA, le Collectif devrait être consulté d’abord par le Gouvernement avant que cette décision ne soit prise contre la Chicha au Mali. Car, selon le porte-parole, le Regroupement des distributeurs de chicha est composé de jeunes diplômés et qui n’avaient eu d’autres alternatives que la Chicha au Mali.

Dans son propos, Mahamadou Diougoury DIAWARA a dénoncé que cette décision interministérielle n’était pas la bonne manière pour interdire la Chicha. Le porte-parole du Collectif a soutenu que beaucoup de jeunes investissent aujourd’hui dans l’importation, la distribution et l’usage de la Chicha au Mali.
Il a expliqué que les membres de son collectif injectent des milliards dans la Chicha, à travers des crédits de banque pendant deux à trois ans.
Il a déclaré que beaucoup de personnes vivent aujourd’hui, à travers la chicha au Mali, de façon directe ou indirecte.
Le porte-parole du Collectif a indiqué que ses camarades qui avaient pris de dettes à la banque, ne pourraient pas les payer dans un intervalle de six mois, comme annoncé par le gouvernement. Il soutient que le délai de six mois est suffisant pour que les stocks de chicha soient vidés.
Pour se conformer à la réglementation, le porte-parole du collectif a insisté que le délai de six mois du Gouvernement est très court pour permettre aux distributeurs de la Chicha d’épuiser leurs stocks.

Toutefois, Mahamadou Diougoury DIAWARA a regretté que les raisons de l’interdiction de la chicha ne puissent pas être sanitaires.
Il a témoigné qu’aucun membre de leur collectif n’a vu une personne tombée malade à cause de la Chicha.
«Que la ministre de la santé nous dise ce que la chicha fait à la santé. Parce qu’il y a beaucoup d’articles vendus au Mali et qui sont plus nuisibles que la Chicha », a interpellé le porte-parole du Collectif.
Aux dires de Mahamadou Diougoury DIAWARA, le Collectif n’est pas dans une posture contre le Gouvernement, mais, il veut tout simplement une concertation avec les autorités nationales sur la question.
En tout cas, le gouvernement fixe un délai de six mois aux importateurs, aux destinateurs, aux propriétaires, aux colateurs ou gérants des bars, aux restaurants, aux night-clubs et autres espaces dits « chicha clubs » ou « chicha-House » de se conformer à la présente réglementation.
Enfin, les autorités de la Transition ont chargé, à l’application rigoureuse du présent arrêté interministériel, tous les directeurs de l’Office central des stupéfiants, des douanes, de la police nationale, de la Gendarmerie nationale, du commerce et de la Concurrence, où besoin sera.
Par SABA BALLO

Source: INFO-MATIN

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