BABALY BA À PROPOS DU MANDAT D’ARRÊT INTERNATIONAL CONTRE LUI :”JE RESTE CONFIANT ET SEREIN TOUT EN ESPÉRANT QUE TOUTE LA LUMIÈRE SERA FAITE”

“Le préjudice moral engendré par une publicité humiliante et dégradante m’a contraint à démissionner de deux postes d’administrateurs”

Après les anciens ministres sous feu Ibrahim Boubacar Kéita à savoir Boubou Cissé, Tiéman Hubert Coulibaly et Mamadou Igor Diarra, l’ancien directeur général de la Banque malienne de solidarité (BMS-SA) Babaly Ba de réagir sur le mandat d’arrêt international contre lui dans l’affaire “Paramount”. Lisez plutôt !

J’ai pris connaissance, le vendredi 29 juillet 2022, des termes du communiqué du procureur général près la Cour suprême de la République du Mali selon lequel un mandat d’arrêt international a été lancé contre ma personne ainsi que trois autres illustres concitoyens.

La démarche s’inscrit, notamment, dans l’ouverture, par la Chambre d’accusation de cette haute juridiction, d’une information judiciaire sur des faits qualifiés de crime de faux et usage de faux, d’atteinte aux biens publics et de complicité de ces infractions, faits liés à l’exécution du marché public dit Paramount, lequel marché s’inscrit dans la mise en œuvre de la Loi d’orientation et de programmation militaire.

Je note, d’ores et déjà, que la surmédiatisation de ce communiqué, amplement relayé par les organes de presse nationaux et internationaux, est de nature à jeter le discrédit sur les personnes visées. En effet, la motivation dudit communiqué et, subséquemment, la décision d’émettre un mandat d’arrêt international contre ma personne découlent des conclusions du rapport de la conseillère spéciale du Président de la Transition chargée des audits sur lesquelles ont d’ailleurs porté tous les interrogatoires auxquelles j’avais été soumis auparavant.

Je rappelle à toutes fins utiles que dans le cadre du dossier objet de la présente procédure, j’ai effectué plusieurs passages devant les officiers de police judiciaire, le parquet du Tribunal de grande instance de la Commune III en charge du Pôle économique et financier.

Je signale, par ailleurs, que les règles déontologiques, le principe du contradictoire en l’occurrence, n’ont jamais été observées. En effet, c’est aux fins d’éviter les erreurs et allégations sans fondement – comme c’est manifestement le cas – que les responsables des structures sont associés aux audits les concernant – mais j’ai été interrogé sur la base d’un rapport auquel je n’ai jamais pu accéder. Il n’est dès lors pas étonnant que le réquisitoire du procureur général soit bâti sur des conclusions totalement erronées comme quoi les autorités de la Défense et des Finances de l’époque avaient simulé un marché qui n’a jamais existé, afin de sortir de l’argent public à travers les services de la BMS.

Tous les justificatifs du marché attestant de son existence formelle ainsi que de sa conformité aux dispositions réglementaires ont été pourtant versés au dossier lors de mes interrogatoires successifs. Il s’agit notamment de la copie du marché dûment signé, des factures payées, des bordereaux de livraison, de la situation des paiements effectués, des différents échanges de courriels justifiant le montant bloqué chez le fournisseur ainsi que le motif du blocage et les modalités de déblocage dudit montant proposées ce dernier, etc.

Mon rôle de banquier agissant en qualité m’incline par ailleurs à apporter les clarifications suivantes : ma responsabilité devrait être recherchée dans le montage technique et financier du dossier, dans l’observance des procédures d’accord de crédit de l’institution à chacune des étapes de l’opération ainsi que dans l’implication effective de ses instances décisionnelles. Or aucun des actes posés par les soins dans cette opération n’engage ma responsabilité personnelle.

Sur un tout autre plan, il me paraît utile de rappeler que j’ai consacré une bonne partie de ma vie à œuvrer pour le développement de mon pays. J’ai eu le privilège de porter la BMS depuis sa création, en 2002, et d’en assurer le bon fonctionnement jusqu’à mon départ à la retraite, en décembre 2018. Cela grâce à la confiance du président Alpha Oumar Konaré, de son Premier ministre feu Mandé Sidibé (paix à son âme) et de son ministre de l’Economie de l’époque, Bacari Koné, pour ne citer que ceux-ci.

À cet égard, je suis fier d’avoir été le vecteur par lequel leur vision politique pour le Mali s’est traduite en une réalité économique et financière, avec l’avènement d’une banque purement nationale. J’en profite pour rendre par la même occasion un hommage appuyé au conseil d’administration ainsi qu’à l’ensemble du personnel de la BMS-SA, dont l’engagement a permis de hisser notre enfant commun dans le peloton de tête des banques maliennes.

A la lumière de ce qui précède, je précise qu’à aucun moment je n’ai été informé, ni mêlé à une compromission quelconque par rapport à ce dossier, qui a été traité avec la rigueur habituelle et dans le strict respect des procédures de la banque. Au demeurant, le dossier mère se trouve encore dans les archives de la banque et pourrait être consulté au besoin.

Enfin, je voudrais mentionner au passage le préjudice moral engendré par une publicité humiliante et dégradante tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, à travers ce mandat d’arrêt qui m’a contraint à démissionner de deux postes d’administrateurs.

Je reste néanmoins confiant et serein quant à la suite des événements, tout en espérant que toute la lumière sera faite dans cette affaire en toute impartialité et dans la transparence”.

Babaly Bah

Ancien directeur général de la Banque malienne de solidarité

Source: Aujourd’hui-Mali

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