Après six mois d’arriérés à la COMATEX: les travailleurs enfin mis dans leurs droits

C’est enfin une réalité. Les autorités de la Transition viennent de payer six mois d’arriérés de salaire des travailleurs de la COMATEX de Ségou, après plusieurs mois de tractations. L’information est confirmée par Noumou Mory KANTE secrétaire à l’organisation de la coalisation syndicale de l’UNTM-CSTM de la COMATEX de Ségou. L’autre bonne nouvelle : aucune déduction des honoraires des avocats n’est faite sur le montant comme précédemment annoncé.

Chose promise, chose faite, le gouvernement de la Transition a mis un point d’honneur à son engagement de payer les arriérés de salaires des travailleurs de la COMATEX à l’arrêt depuis des mois pour motif économique.

En effet, le paiement des 600 millions de FCFA, le montant global des mois impayés des 1300 travailleurs est effectif depuis ce lundi 4 juillet, selon plusieurs sources, dont le secrétaire à l’organisation de la coalisation syndicale de l’UNTM-CSTM de la COMATEX, Noumou Mory KANTE.

Cet acquis est le fruit d’un combat farouche engagé au plan judiciaire et syndical pour contester la décision du juge qui a avait instruit au trésor de faire main mise sur leur dû, a expliqué M. KANTE.

« Bien que cette demande de main mise soit une idée du Secrétaire général de la section syndicale de la COMATEX, nous travailleurs des deux syndicats ont vu nécessaire d’unifier le combat contre DIAKITE et de son avocat, qui arguaient que c’est grâce aux avocats que nous avions pu être mis dans nos droits ! Pourtant, nous n’avions pas fait recours à un avocat », a rappelé M. KANTE.

Selon lui, 806 travailleurs de la COMATEX avaient aussi signé une pétition qui a été déposée à la Primature dont une copie a été donnée à la justice.

« Nous avons fait des rassemblements pour contester avec la dernière rigueur contre tout prélèvement sur notre argent. Nous sommes satisfaits de voir que nous avons été mis dans nos droits », a-t-il indiqué.

« Nous sommes vraiment contents d’être en possession de nos arriérés de salaires. Nous remercions le président Assimi GOITA qui a entendu notre cri de coeur.  Grâce à cet argent, nous allons faire la Tabaski en toute quiétude », s’est-il réjoui.

Ce processus a traîné à cause de l’opposition des avocats qui réclamaient des honoraires aux travailleurs. Et devant le Conseil national de Transition lors de l’évaluation de son plan d’action gouvernementale, le Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA a regretté que le processus de paiement de reliquat ait connu quelques difficultés parce que les fonds mis à la disposition avaient été saisis par des huissiers.

Ainsi, en tirant les leçons d’autre affaires similaires, le gouvernement a opté le paiement par virement bancaire dans le compte individuel de chaque travailleur afin d’éviter d’autres problèmes. Aussi, le système à l’avantage d’enregistrer la traçabilité des opérations. En tout état de cause, cette décision des autorités judiciaires est devenue une bouée de sauvetage pour des centaines de chefs de famille, qui ne savaient plus à quel saint se vouer depuis la fermeture de l’usine.

À l’image de l’Office malien de l’habit (OMH), le ministre de l’Économie et des Finances a annoncé la restructuration de l’Énergie du Mali (EDM-Sa) et de la COMATEX dont la survie est menacée par les dettes qu’ils cumulent.  Le besoin financier de ces réformes est estimé à plus de 2367 milliards de FCFA. L’objectif de ces réformes, pour le ministre SANOU, est de minimiser tout risque budgétaire et de contribuer à la relance de l’économie.

 

PAR CHRISTELLE KONE

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