Affaire de la page facebook » Mali Jolies Denw « : La demande de mise en liberté refusée aux sœurs Cissé

Placées sous mandat de dépôt, à la Prison de Bollé, dans l’affaire  » Mali Jolies Denw « , en mai dernier, Fati et Aminata Cissé ont vu leur demande de liberté provisoire rejetée, le vendredi 1er juillet, sur appel du Procureur général par intérim de la Cour d’Appel de Bamako, alors qu’elles avaient bénéficié d’une ordonnance de mise en liberté du Tribunal de la Commune VI du district de Bamako.

L’information a été dévoilée au grand public par l’avocat des sœurs Cissé, Me Cheick Oumar Konaré, en compagnie de l’époux d’Aminata Cissé, Moussa Kondo. Selon l’avocat en charge du dossier, les Dames ont été inculpées par la Brigade d’Investigation Judiciaire (BIJ) sur ordre du Parquet de la Commune IV dans l’affaire de la page facebook  » Mali Jolies denw « , dont elles seraient les instigatrices ou des collaboratrices.

Aux dires de leur avocat, leur maintien en prison ou leur libération n’entachera aucunement la procédure. Puisqu’à ce stade, aucun document ne leur a été notifié, qui puisse asseoir leur culpabilité dans le dossier. Il ajoute que le Tribunal de la Commune IV a été dessaisi au profit de la Commune VI, sur la demande du Procureur de la Cour d’Appel. Estimant qu’il y a des infractions là-dedans impliquant le Pôle judiciaire spécialisé (crime transfrontalier, terrorisme et blanchiment d’argent). Ainsi, le dossier a été diligenté, les sœurs Cissé ayant été auditionnées par le juge d’instruction, de 11 heures  jusqu’à 19 heures, qui a finalement décidé de leur accorder une liberté provisoire, en attendant leur jugement. Cela, sur ordre du Procureur général de la Commune VI. A notre grande surprise, évoquera-t-il, le Procureur général de la Cour d’Appel a fait un appel sur l’ordonnance de mise en liberté pendant que les inculpées s’apprêtaient à quitter la Prison de Bollé. L’avocat Me Cheick Oumar Konaré dit toutefois avoir confiance en la justice, estimant qu’elle peut à nouveau accorder une liberté provisoire aux détenues allaitant des nourrissons (dix mois à un an).

De son côté, Moussa Kondo, l’époux d’Aminata Cissé, est revenu sur le silence qu’il observait tout au début de la procédure, en considération de son poste de Conseiller à la présidence de la République, dont il a démissionné pour pouvoir s’exprimer librement. Il a évoqué son étonnement face au rejet de la demande de mise en liberté des inculpées. Aussi, a-t-il requis le réexamen du dossier de mise en liberté afin de permettre à son épouse et à sa sœur  de regagner leur domicile.

Auparavant le père des sœurs Cissé, le Général Ismaëla Cissé, à la retraite, s’était confié aux journalistes sur le dossier. « C’est l’indignation face à cette situation d’injustice. On ne présente aucune preuve. Tout le monde dit que le dossier est vide, alors pourquoi détenir des épouses et mères des enfants ? C’est moi qui suis certainement visé, et non les enfants. Je ne peux pas manquer de confiance en la justice de mon pays, mais je suis déçu par le comportement de certains acteurs », a déclaré le Général Ismaëla Cissé. Ajoutant qu’avec l’appel du Procureur général, la Cour d’Appel devra statuer là-dessus, et cela va prendre des mois. Faute de preuve, le Général Cissé réclame la libération de ses filles.

Pour rappel,  » Mali Jolies den -mjd «  est une page Facebook derrière laquelle se cachent des  » individus qui, associés en malfaiteurs pour se faire de l’argent, évoluent dans le chantage, l’atteinte à la vie privée, la diffamation, l’injure, l’usurpation d’identité numérique et le proxénétisme à travers le site web : djiarabi.com. « , avait écrit le parquet du Tribunal de la Commune IV sur sa page officielle.

O. BARRY

Source: l’Indépendant

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