400 « gens-saignants » fictifs dans la fonction publique : la synergie dénonce l’attitude négative envers le corps enseignant

Dans un communiqué, la Synergie des enseignants a condamné l’attitude négative du ministre de la Refondation de l’État, Chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga envers le corps enseignant. C’était le lundi 30 mai 2022, dans l’affaire des enseignants fictifs.

Le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institution, Ibrahim Ikassa Maïga a indiqué mardi 24 mai qu’il a plus 400 enseignants fictifs dans la fonction publique de l’État au cours de la cérémonie de lancement du Système intégré de Gestion des Ressources humaines des Fonctions publiques de l’Etat et des Collectivités territoriales (SIGRH). Cette révélation a été faite à la suite d’un contrôle minutieux dirigé par le ministre Maïga et son équipe. L’Etat malien verse chaque année plus d’un (1) milliard de francs CFA dans le compte de ces enseignants fictifs.

« Au cours de cette cérémonie, le ministre de la Refondation de l’État, Chargé des Relations avec les Institutions a affirmé, dans son discours, qu’il a détecté plus de 400 enseignants fictifs qui percevraient indument plus d’un milliard de F CFA chaque année », rappellent les syndicats des enseignants dans un communiqué. Ils relatent que le ministre confie avoir fait ce constat à l’occasion de la transposition ayant suivi l’adoption de la loi N°2018-007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant de l’Enseignements secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. En réagissant à cette situation, la synergie des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 dit qu’elle se félicite pour la nouvelle. Par la même occasion, les syndicats maintiennent « que n’eut été la lutte des enseignants, ces enseignants fictifs n’auraient été détectés ». Les membres de la corporation syndicale rappellent avoir déjà affirmé leur ferme volonté à accompagner le gouvernement pour lutter contre l’existence des enseignants fictifs dans le corps. « Parce que les syndicats ne sauraient être complices d’enseignants fictifs ou prenant un double salaires » se justifie la synergie des enseignants. Parlant du discours du ministre Ibrahim Ikassa Maïga, les syndicalistes clarifient que la cérémonie de lancement du présent projet dont les résultats prendront en compte l’ensemble des fonctionnaires du pays « ne doit pas être un lieu pour porter un discrédit sur le corps enseignant par Ibrahim Ikassa Maïga ». Les enseignants « dénoncent et condamnent cette attitude négative envers le corps enseignant ». Ils appellent le ministre à ne pas oublier d’enquêter et de présenter l’effectif des fictifs que contiennent les autres corps de la fonction publique malienne. « Les syndicats de l’éducation invitent le ministre à publier les statistiques relatives aux autres fonctionnaires, car le monde éducatif n’est pas le seul concerné par cette question », a-t-il lancé. A défaut de présenter les statistiques concernant les autres corps, ils invitent le ministre Maïga « à présenter ses excuses en attendant les conclusions du projet lancé à Koulouba ». Le gouvernement doit, selon eux, éviter des propos visant à indexer et à stigmatiser un corps, singulièrement le personnel enseignant. « Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ne comprennent pas pourquoi les mauvais exemples sont pris sur les enseignants, alors que des dignes et valeureux enseignants accomplissement leurs tâches et missions dans des conditions extrêmement difficiles », lit-on dans leur communiqué.

Falaye Sissoko

Source : Canard Déchaine

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