Une adolescente malienne plaide pour la cause des enfants : Mariam lance un cri de cœur au Conseil de sécurité de l’ONU: « prenez des décisions’’

Minusma et Barkhane

Une jeune Malienne de 15 ans, Mariam, a demandé mardi au Conseil de sécurité de l’ONU d’agir pour protéger les enfants dans les zones de conflit afin qu’ils ne subissent pas des conséquences « énormes ».

« Prenez des décisions, agissez pour éviter que d’autres enfants ne se retrouvent dans la même situation que Mohamed », a-t-elle dit lors d’une visioconférence du Conseil, en détaillant l’histoire de ce dernier. En effet, natif de la région de Mopti dans le centre du Mali, Mohamed est devenu orphelin après le meurtre de ses parents et a été recruté de force par un groupe armé alors qu’il avait dix ans, avant d’être obligé d’assister au massacre d’une famille et de décider de fuir après ce nouveau traumatisme. « Les conséquences que les guerres et les conflits ont sur les enfants sont énormes », les faisant devenir violents, voleurs, alcooliques ou drogués, a insisté Mariam. Le témoignage d’enfants et d’adolescents est plutôt rare au Conseil de sécurité, présidé en juin par la France. « Que faites-vous pour que (les) enfants enlevés soient retrouvés et rejoignent leurs familles? », a aussi demandé la jeune Malienne, en évoquant les viols dont sont victimes filles et garçons. « Il y a un besoin urgent de justice afin d’éviter que les victimes grandissent en voulant se faire justice elles-mêmes », a précisé Mariam, membre du Parlement des enfants au Mali et qui aspire à devenir avocate pour mieux lutter en faveur des droits des enfants.

Cette intervention de Mariam a relancé les débats autour de la question de la protection des enfants. Ainsi la réunion du Conseil de sécurité a été l’occasion de discuter du dernier rapport controversé du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, sur les enfants dans les conflits. Sa décision de retirer la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ainsi que la Birmanie d’une liste noire de pays et groupes participant aux exactions sur des enfants est vivement critiquée par plusieurs dizaines d’ONG qui lui ont demandé lundi de revenir sur sa position.

Alors que l’on a vu exécuter des enfants dans les massacres de Ogossagou I et II, à Sobane Da, et bien d’autres exécutions sommaires des femmes et enfants sans défense au centre du Mali. L’ONU doit agir.

Bourama Kéïta

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