Terrorisme et Covid-19 : Plaidoyer du président Keïta pour un soutien plus accru aux pays du G5 Sahel

La pandémie de la maladie à coronavirus préoccupe le monde, mais ne fait pas perdre de vue les défis aussi pressants que la stabilisation du Sahel. Les deux sujets étaient au centre, mardi, d’une réunion par visioconférence entre l’Union européenne, représentée par le président du Conseil européen, Charles Michel, et les chefs d’État du G5 Sahel, dont le président Ibrahim Boubacar Keïta.

Ces deux entités se sont engagées, il y a deux ans à Bruxelles, à bâtir un nouveau partenariat avec l’ambition de placer le Sahel au cœur de l’agenda international. Elles ont marqué, à travers cette réunion à distance, leur intérêt pour l’aboutissement de ce projet commun. Le président Ibrahim Boubacar Keïta a saisi l’opportunité pour aborder deux sujets. D’abord, la problématique de la sécurité qui, selon lui, reste au centre des préoccupations des pays du G5 Sahel, particulièrement le Mali où les forces armées sont toujours harcelées par les groupes terroristes. Les civils ne sont pas non plus épargnés par ces ennemis de la paix.

Malgré cette situation, notre pays tient et poursuit, avec l’accompagnement de ses partenaires, sa longue quête de stabilité. «L’espoir renaît avec des succès militaires et des dynamiques politiques positives», s’est félicité le président Keïta, pour qui la tenue des élections législatives et le redéploiement des Forces armées reconstituées dans les régions du Nord constituent des avancées remarquables dans l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale. Il a cependant déploré, au sujet de la tenue des législatives, l’enlèvement du chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé. Tout est entrepris pour le ramener sain et sauf parmi nous, a rassuré le chef de l’État.
Afin de consolider les progrès enregistrés et engranger de nouvelles avancées dans la lutte contre le terrorisme, le président malien a prôné la relance avec vigueur du processus DDR.

«L’espoir renaît avec des succès militaires et des dynamiques politiques positives», s’est félicité le président Keïta

En effet, a-t-il développé, «la démobilisation et le désarmement des forces de l’ancienne rébellion doivent être effectifs, mesurables et vérifiables» et «l’Armée reconstituée doit impérativement pouvoir jouer pleinement son rôle et assurer la sécurité des populations civiles et faciliter le retour effectif des services publics…».
Ensuite, le président Keïta a évoqué la crise sanitaire de Covid-19 qui n’est pas de «nature à améliorer la situation sécuritaire à cause des perturbations qu’elle occasionne dans le déploiement des forces sur le terrain, le renforcement des capacités des hommes et la livraison de matériels et équipements».

Pour juguler cette crise, le président Keïta a préconisé le renforcement de la coopération internationale, tout en plaidant pour un «soutien indispensable, sinon impératif aux pays les plus vulnérables, en particulier en Afrique».
S’agissant de notre pays, il a informé ses interlocuteurs des actions entreprises. Le Mali a, en effet, adopté un plan de riposte comprenant des mesures sociales avec une incidence financière de plus de 500 milliards Fcfa et la mise en place d’un fonds spécial de 100 milliards de nos francs pour soutenir les familles les plus vulnérables. Ce n’est pas tout. Les taxes sur les produits de première nécessité ont été réduites, les factures d’électricité et d’eau pour les ménages nécessiteux sont prises en charge pendant deux mois. S’y ajoutent la distribution gratuite de 56 mille tonnes de céréales et de 16 mille tonnes d’aliments pour bétail, le lancement du programme «un Malien, un masque» avec la commande de 20 millions de masques, dont 10 millions ont été déjà livrés.

Aussi bien pour le Mali que les autres pays du G5 Sahel, la résistance à la pandémie impose des efforts considérables sur le plan budgétaire. Raison pour laquelle, Ibrahim Boubacar Keïta a appelé les partenaires à «nous aider à faire face à la crise sanitaire» et aussi à jeter les bases d’une sécurité sociale indispensable au développement durable de chacun de nos pays. À cet égard, il a estimé que «l’annulation de la dette des pays les plus pauvres, notamment ceux du Sahel confrontés au terrorisme, sera un acte politique fort de solidarité internationale».

Issa DEMBÉLÉ

Source : L’ESSOR

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