SOUMEYLOU BOUBEYE MAÏGA SUR RENOUVEAU TV : «Tout le monde est d’accord que l’on ne peut pas faire démissionner le président de la République»

Invité de l’émission «Grand Jury» sur Renouveau TV jeudi dernier (2 juillet 2020), l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga a donné son analyse de la crise politique qui secoue actuellement le pays et a proposé des solutions.

Pour l’ancien Premier ministre et président du parti ASMA-CFP (Alliance pour la Solidarité au Mali-Convergence des Forces patriotiques), Soumeylou Boubèye Maïga, la mauvaise gestion de la Cour constitutionnelle des contentieux liés aux der- nières législatives a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. «Dans la situation actuelle, la question des élections législatives est au cœur des revendications et a beaucoup contribué à la montée du mécontentement et des frustrations qui, par ailleurs, ont contribué à la mobilisation que l’on constate», a-t-il analysé. «Les mécontentements et les frustrations concernent les circonscriptions les plus peuplées.

Ce sont les communes les plus peuplées comme Kati, Sikasso et Ségou qui fournissent le plus grand nombre de députés», a-t-il rappelé. Et d’ajouter, «quand il y a eu les protestations, ce ne sont pas les états-majors des partis, mais plutôt les populations elles-mêmes qui se sont mobilisées estimant que leur vote a été confisqué».

De son point de vue, «tout le monde est d’accord que l’on ne peut pas faire dé- missionner le président de la République». Toutefois, le président de la République doit «proposer un accord politique à toutes les parties prenantes avec comme feuille de route la mise en œuvre des ré- formes prioritaires sur les- quelles le Dialogue national inclusif (DNI) est tombé d’accord». «Comme nous sortons du Dialogue national inclusif qui a été à la fois national et inclusif, IBK a l’opportunité de travailler avec un plus grand rassemblement des Maliens autour d’un objectif commun : la survie de notre pays qui nous unit le plus», a poursuivi SBM. N’empêche que pour le «Tigre de Badala», le Chef de l’Etat a deux options en face. «Il y a la démarche préconisée par la Cédéao et celle qui pourrait résulter de ses prérogatives constitutionnelles par rapport à l’Assemblée nationale. Tant que cet abcès n’est pas crevé le reste peut être difficile», a précisé Soumeylou.

«Une fois que ces ré- formes sont faites, parmi lesquelles il y a la relecture d’un certain nombre de textes comme l’organisation des élections, les textes de la Cour, nous pourrons refaire les élections sur une nouvelle base, de manière partielle ou soit de manière générale», a-t-il préconisé.

Et selon cet acteur influent du Mouvement démocratique, «cet accord politique doit intégrer aussi le volet économique de la crise parce que nous n’avons plus d’économie qui fonctionne. Or, l’Etat a un Ca- hier de charges avec le Conseil national du patronat du Mali (CNPM)». Une intégration indispensable d’autant plus que le réseau des entreprises a fait un mémorandum qui résume les préoccupations du mi- lieu économique.Et en bon analyste, Soumeylou Boubèye Maïga nous exhorte à nous projeter dans l’avenir pour anticiper sur les défis.

Convaincu que l’éducation est essentielle pour faire face à ces challenges, il a appelé à «inculquer à nos enfants le goût du savoir ; le goût de l’effort et le devoir de s’instruire…» ! Un conseil judicieux si nous savons que l’incivisme et l’absence de morale sont en partie responsable de tous les maux qui sont en train de conduire notre pa-
trie vers le précipice.

Et comme l’a récemment twitté l’ancien ministre de la Justice, Me Mamadou Ismaïla Konaté, «la seule réponse à la situation politique difficile du Mali est la loi et la vertu. Les rapports des gens avec le pouvoir, le bien public et le pacte citoyen doivent être guidés par la loi et la vertu» !

Naby

SOURCE: LE MATIN

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