Sortie de crise politico-malienne : cet assassin ne mérite plus de présider aux destinées du Mali

commémoration du 26 Mars

Avec déjà onze morts et près de 200 blessés au cours d’une seule manifestation, le président Ibrahima Boubacar Keïta est désormais disqualifié pour diriger le Mali. Cette répression sauvage sur des manifestants à mains nues n’est guère surprenante quand on sait que son idole, le général Moussa Traoré, bourreau du peuple malien du 19 novembre 1968 au 26 mars 1991, a tué 224 de ses concitoyens pour se maintenir à un pouvoir qu’il a usurpé au président Modibo Keïta.

Vendredi 10 juillet. Cette date sera inscrite en sang dans les annales politiques de notre pays.  Ce jour, un assoiffé de pouvoir du nom d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), ouvre le feu sur ses compatriotes uniquement pour les délices du pouvoir. Bilan: onze morts et près de 200 blessés. Ces manifestants à mains nues réclamaient, à travers la désobéissance civile inscrite dans la Constitution malienne du 25 février 1992, leur droit à se faire entendre. Mais le régime aux abois d’IBK en a décidé autrement. Il a préféré l’affrontement au dialogue pour verser le sang de son peuple.

Cette répression sanglante de la part du président IBK est loin de surprendre les observateurs avertis quand on sait qu’il a qualifié, en 2013, lors de la cérémonie de sa prestation de serment, le général Moussa Traoré, bourreau  du peuple malien du 19 novembre 1968 à sa chute, le 26 mars 1991 de ‘‘grand républicain’’. S’il est sur les traces de ce dernier pour son maintien au pouvoir, même au prix du sang de son peuple, il n’y a rien à dire.

On se rappelle que son admirateur, le général Traoré, pour conserver un pouvoir qu’il a usurpé, en 1968, au nationaliste Modibo Keïta, premier président du Mali indépendant, n’a pas hésité  un seul instant à assassiner 224 Maliens, en mars 1991. Et si le peuple ne se décide pas à prendre son destin en main, Ibrahim Boubacar Keïta fera pire que son idole. Il a déjà tué onze manifestants et en a blessé près de 200. Ce bilan macabre a été enregistré lors de la manifestation du 10 juillet du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotes (M5-RFP) qui lançait ce jour la première journée de la désobéissance civile devant aboutir à sa démission du pouvoir.

Ainsi, personne n’est surpris du rejet des propositions de sortie de crise de la Mission de médiation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), conduite par l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan et qui maintiennent au pouvoir IBK, un assassin. Ce refus du M5-RFP d’adhérer aux propositions de la CEDEAO réconforte les Maliens dans leur combat pour faire partir un autre sanguinaire qui ne jure que par le pouvoir. Il honore la mémoire des morts et adoucit le cœur des blessés. Ces martyrs savent maintenant que leur lutte n’est pas vaine et qu’elle a un sens.

Avec ces morts et blessés, le président IBK a franchi le rubicond. On ne pensait pas qu’après le général tortionnaire, un autre président malien pouvait oser verser le sang de ses compatriotes uniquement dans le but de conserver le pouvoir pour ses délices et ses honneurs. Par ce massacre, il vient de souiller le sens du combat du 26- Mars 1991. Donc, IBK, par cette tuerie, vient de s’auto- détruire et en même temps s’auto- exclure de la gestion des affaires de l’État. Ce qui lui reste, c’est de rendre le tablier. À force d’insister, il trouvera le peuple sur son chemin sans issue.

Il est évident qu’Ibrahim Boubacar Keïta n’a rien tiré de leçon de la gestion du pouvoir et des événements tragiques de mars 1991. L’insurrection déclenchée cette année contre l’un des dictateurs du continent africain par le Mouvement démocratique était sur le point de trouver un accord politique avec le régime en place, mais avec le sang versé des manifestants, les événements ont pris une autre tournure.

Les femmes et les hommes engagés dans ce combat ont juré d’en découdre avec le général Traoré. La suite est connue de tous. Le régime tombe le 26 mars 1991. Et c’est dommage qu’IBK, de surcroit historien, n’arrive pas à comprendre ces événements tragiques qui ont coûté la vie à 224 Maliens.

Et que dire de son attachement aux idéaux du président Modibo Keïta qu’il affuble de tous les qualificatifs. D’ailleurs, il ne rate aucune occasion pour saluer la mémoire de ce grand homme et rendre  hommage à celui-ci quand il s’agit de son patriotisme jamais mis en doute. Mais avec cette boucherie, on comprend maintenant qu’il est le contre pied du président Modibo. Ce dernier, ayant appris le coup d’État contre lui, a été guidé par la sagesse et l’amour de son peuple. Il a préféré se sacrifier pour les filles et fils de son pays. Sinon, il avait les moyens d’aller à l’affrontement contre la soldatesque. Ainsi, il lança cette phrase célèbre au bord du bateau qui le ramenait de Mopti ce 19 novembre 1968: «Qu’on désarme ma garde et qu’aucun camp ne riposte. Je ne veux pas qu’une seule goutte de sang malien soit versée pour que je reste au pouvoir.»

Il sera bon et patriotique de graver cette sagesse de Modibo Keïta  au fronton du palais de Koulouba pour servir de leçon à tous les locataires du palais.

Pour avoir déjà versé le sang d’autres Maliens au nom d’un pouvoir personnel, il ne reste plus à IBK que de démissionner et se mettre à la disposition de la justice à l’image de son admirateur, le général Traoré, qu’il tente de replacer au cœur des grands événements du pays. Comme pour dire aux Maliens que Moussa Traoré est blanc comme neige dans les événements sanglants de mars 1991.

Yoro SOW

Source : l’Inter de Bamako

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