Sergueï Lavrov: «L’Afrique pour la Russie aujourd’hui – c’est un partenaire important, partie prenante de l’architecture durable polycentrique en formation de l’ordre mondial».

(allocution du Ministre russe des Affaires étrangères à l’ouverture du Forum publique «Russie-Afrique», Moscou, 22 octobre 2018)

Chers collègues,

Chers amis,

Nous savons tous qu’il sera impossible de faire passer les relations entre la Russie et les pays d’Afrique au niveau supérieur sans la participation la plus énergique du grand public à ces efforts. Il faut intensifier les échanges sociaux, scientifiques et de jeunesse – les contacts humains dans l’ensemble. Il est difficile de surestimer leur rôle dans le renforcement de l’amitié, de la confiance et de l’entente entre les peuples. Par exemple, de nombreux Africains ont découvert la Russie contemporaine en participant au 19e Festival mondial de la jeunesse et des étudiants à Sotchi en automne 2017, ou en visitant notre pays en tant que supporters pendant la Coupe du monde de football 2018.

Je trouve indispensable aujourd’hui d’utiliser le plein potentiel de la diplomatie populaire, culturelle et d’affaires afin d’approfondir et d’élargir les liens traditionnellement amicaux et mutuellement bénéfiques entre la Russie et les pays d’Afrique.

Je voudrais remercier sincèrement les organisateurs du présent Forum: l’ONG « Union de « Initiative d’affaires africaine » et de l’Association mondiale des diplômés des universités russes. Grâce à vos efforts, nous avons réussi à réunir à Moscou les représentants des milieux politiques, sociaux, scientifiques, d’affaires et de jeunesse des pays d’Afrique. C’est une excellente opportunité pour évoquer les questions d’actualité relatives à la coopération russo-africaine, mais aussi pour déterminer les directions concrètes et prometteuses de coopération et de travail commun.

Les liens entre la Russie et le continent africain sont riches d’une histoire séculaire. Dès les XV-XVIIe siècles, les marchands et pèlerins russes se rendaient en Égypte. Au XIXe siècle, le célèbre voyageur et diplomate Egor Kovalevski menait en Afrique orientale des recherches géographiques et géologiques. Il fut d’ailleurs l’un des premiers à déterminer l’emplacement géographique correct de la source du Nil blanc. Le scientifique russe éminent Vassili Iounker a apporté une contribution significative à l’étude de l’Afrique centrale en dressant pour la première fois une carte détaillée de cette région. Le grand poète russe Nikolaï Goumilev était également un important spécialiste de l’Afrique. Une trace notable a été laissée dans la mémoire du peuple éthiopien par Nikolaï Leontiev, qui a participé à la lutte anticoloniale pendant la première guerre italo-éthiopienne: à la tête des troupes de volontaires russes, il a contribué à la modernisation de l’armée éthiopienne. A l’origine des relations officielles entre la Russie et l’Éthiopie en 1989 se trouve l’éminent diplomate russe Piotr Vlassov.

L’histoire de notre pays n’est pas entachée des crimes du colonialisme. Notre pays a contribué partout à la reconquête de la liberté et de la souveraineté par les peuples du continent, il a accordé son aide et son soutien à l’établissement de la structure étatique et au renforcement de l’autonomie économique des pays d’Afrique. Nous sommes fiers – à juste titre – de nos exploits communs dans les domaines politique, commercial, économique, social, et d’autres.

Aujourd’hui, pour la Russie, l’Afrique est un partenaire important qui participe à la formation d’un ordre mondial polycentrique et durable. Nos liens avec les pays du continent ont beaucoup de valeur et ne dépendent pas des fluctuations de la conjoncture internationale. Nous savons que c’est également la position de nos amis africains. En s’appuyant sur l’expérience accumulée de coopération fructueuse, la diplomatie russe cherche à mener une ligne cohérente visant à approfondir l’ensemble des relations russo-africaines. Nous le faisons en nous appuyant uniquement sur les principes du droit international, d’équité, de prise en compte et de respect réciproque des intérêts. Ce faisant, nous avons réussi à obtenir des résultats significatifs.

Nous entretenons des contacts réguliers à haut niveau et au sommet, nous élargissons les liens interparlementaires, la coopération au niveau des ministères et de leurs différents départements – notamment au sein des ministères des Affaires étrangères. Nous intensifions, mais pas aussi vite qu’on le voudrait, les échanges commerciaux et économiques, nous réalisons des projets dans le secteur militaro-technique, des programmes dans le domaine de la santé, de l’éducation et de la culture. Je suis certain que les efforts sur ces axes – parmi d’autres – s’intensifieront.

Je constate avec satisfaction que les positions de la Russie et de la grande majorité des pays d’Afrique sur les principaux problèmes de notre époque coïncident ou convergent. Tout comme nos amis africains, nous prônons le renforcement des bases démocratiques justes de la vie internationale, le respect de la diversité culturelle et civilisationnelle du monde contemporain, le droit des peuples à choisir eux-mêmes leurs modèles et leurs voies de développement socioéconomique.

Moscou souhaite entretenir une coordination étroite en politique étrangère avec les partenaires africains à l’Onu et sur d’autres plateformes multilatérales. En particulier, nous prônons l’approfondissement du dialogue Brics-Afrique. Nous accordons beaucoup d’importance à l’objectif de renforcer la paix et la sécurité dans la région – c’est une composante essentielle de la garantie d’un développement dynamique et durable des États africains et du maintien de la stabilité régionale et mondiale.

En tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, nous continuerons d’apporter une contribution à la mise au point d’une ligne stratégique, à la mise en œuvre d’opérations de maintien de la paix sur le continent, tout en restant immuablement attachés au principe formulé plus tôt par les Africains eux-mêmes – « Aux problèmes africains une solution africaine ».

Pour conclure je voudrais dire que bien évidemment votre forum apportera une contribution significative au travail commun sur le renforcement global de nos liens.

Je souligne avec satisfaction que deux autres grands événements auront lieu prochainement :le Forum parlementaire russo-africain et le forum d’affaires « Russie-Afrique ». Je suis convaincu que ces activités prépareront le terrain au déroulement d’un véritable sommet Russie-Afrique dans un avenir proche, ce à quoi nous contribuerons par tous les moyens. Le plus important est de lui donner un contenu concret mutuellement bénéfique.

Je vous souhaite un travail fructueux et vous remercie de votre attention.

 

Source: Ambassade de Russie à Bamako 

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