Second tour du scrutin législatif du 19 avril 2020 : Les observateurs signalent la « démultiplication de la pratique d’achats de votes dans plusieurs centres à travers le pays »

Les responsables de la Synergie des organisations de la société civile et de la CNDH (Commission nationale des droits de l’homme) étaient face à la presse, hier, lundi 20 avril 2020 à l’hôtel Radisson Blu pour faire une déclaration préliminaire sur le second tour du scrutin législatif du 19 avril dernier. La Mission d’Observation Electorale (MOE) de la Synergie, dirigée par Dr Ibrahima Sangho a constaté le manque de produits sanitaires et hygiéniques liés à la pandémie du Coronavirus et de matériel électoral dans certains centres de vote. « Des cas d’achats de votes et de spéculations sur les cartes d’électeur ont été constatés », indiquent les conférenciers. En outre, les observateurs signalent la « démultiplication de la pratique d’achats de votes dans plusieurs centres à travers le pays ». Dans leur déclaration, la Synergie a invité la cour constitutionnelle à une meilleure gestion du contentieux électoral. En outre, la Synergie évoque qu’il n’y a pas eu de vote dans plusieurs localités à travers le pays. Par ailleurs, des incidents et dysfonctionnements ont été décelés par les observateurs.

Selon le conférencier, Dr Ibrahima Sangho, la Mission d’observation électorale (MOE) a observé 2.318 bureaux de vote, le jour du scrutin. La mission a constaté le manque de produits sanitaires et hygiéniques liés à la pandémie du CORONA Virus et de matériel électoral dans certains centres de vote. «Des cas d’achats de votes et de spéculations sur les cartes d’électeur ont été constatés», a déclaré Dr Ibrahima Sangho. Au titre des incidents et dysfonctionnements, la Mission d’Observation Electorale (MOE) de la Synergie a fait savoir qu’il n’y a pas eu de vote à Diankabou, cercle de Koro, région de Mopti depuis le premier tour ; à Talataye et Ouatagouna dans le cercle d’Ansongo ; dans la commune de Gabero dans le cercle de Gao ; à Sinam et Dougouradji, Commune Tienkour, cercle de Diré ; à Gossi et Adiora dans le cercle Gourma Rharous, région de Tombouctou ; dans les Communes de Salsalbe, Ouoro-Mody, Koubaye, centres de Poutchi (commune de Socoura) ; à Badiogo, Fatoma, cercle de Mopti. Les observateurs signalent la démultiplication de la pratique d’achats de votes dans plusieurs centres à travers le pays notamment : au centre Fa KEITA de Pelengana, cercle de Ségou ; au centre IJA de Faladiè en Commune VI du District de Bamako ; au Centre de vote des 1008 logements en Commune VI du District de Bamako ; au centre de vote Magnambougou projet en Commune VI du District de Bamako ; à l’école A Wayerma 1 de Sikasso ; au Groupe scolaire de Macina ; au Groupe scolaire Robert CISSE I et II de Mopti ; à l’Ecole B 2e cycle, Bureau N°2 de Bafoulabé ; au entres EDC et plateau 2 de Koulikoro ; au Groupe scolaire Kolokani B ; au Groupes scolaires Heremakono nord et centre de Bougouni. L’absence des forces de sécurité a été relevée par la MOE de la Synergie au niveau de certains centres de vote à Gongasso, Tabarako, Kaboïla, école Dadoumabougou, école Coulibalybougou, école Donièna et à l’école communautaire Bilasso de la commune de Loulouni, dans la région de Sikasso. Selon la Synergie des organisations de la société civile et de la CNDH (Commission nationale des droits de l’homme), le taux de participation global à la clôture était de 23,22%. En outre, la mission a noté que 53,87% des votants étaient des femmes. Dans cette déclaration, la mission recommande au Gouvernement la préservation des droits des électeurs et des candidats par leur sécurisation et la garantie de l’égalité de chance des candidats ; la transparence du processus électoral ; la prise de mesures pratiques afin de faciliter l’accès aux bureaux de vote des personnes vivant avec un handicap ; la transcription des noms des candidats et des partis politiques en braille sur les bulletins de vote ; le renforcement de la confiance entre les principaux acteurs du processus ; la publication des résultats, bureau de vote par bureau de vote, au nom des principes de la transparence des élections et du droit à l’information ; la publication de la liste complète des bureaux de vote non fonctionnels et ceux ayant fermé avant l’heure, lors des deux tours des élections législatives; le renforcement des capacités des agents électoraux ; la poursuite, en lien avec la société civile, des initiatives d’appels collectifs au calme des populations et de tous les acteurs politiques ; la réactivation du programme national d’éducation civique. La mission invite la CENI à une veille plus attentive sur les droits des électeurs et des candidats et à la publication périodique de ses observations durant tout le processus. La Synergie des organisations de la société civile et de la CNDH (Commission nationale des droits de l’homme) recommande aussi à la Cour constitutionnelle à une veille plus attentive sur les droits des électeurs et des candidats ; au renforcement du mécanisme d’investigation en vue d’une meilleure gestion du contentieux électoral et à l’application des dispositions de la loi organique relativement à la qualité de ses délégués au niveau des bureaux de vote. La MOE de la Synergie a recommandé aux partis politiques et aux candidats le respect des dispositions de la charte des partis politiques, notamment la formation à la citoyenneté et l’interdiction de l’achat des consciences ; l’adoption et le respect d’un code de bonne conduite lors de chaque élection ; la poursuite, dans la voie du dialogue et de la concertation, du règlement de toutes les divergences pouvant naître du processus électoral ; le recours aux juridictions compétentes pour le règlement de tout contentieux électoral. La Synergie recommande aux organisations de la société civile et à la CNDH la poursuite et l’intensification de leur mission d’éducation civique et de sensibilisation de la population, de promotion et de protection des droits de l’homme sur toute l’étendue du territoire malien ; l’invitation des leaders religieux à poursuivre leur appel à la cohésion sociale, au respect des règles institutionnelles et électorales. La Synergie demande aux citoyens de rejeter l’achat de conscience. La Synergie recommande à la communauté internationale la poursuite et le renforcement de son appui multiforme aux acteurs locaux du processus électoral ; le renforcement de son soutien technique et matériel aux autorités maliennes dans leurs efforts pour l’instauration de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire ; le renforcement de la coopération entre les Forces Armées Maliennes, les Forces de la MINUSMA, Barkhane et du G5 Sahel dans la coordination et la sécurisation du processus électoral. « La MOE poursuit actuellement l’observation de la centralisation des résultats dans les cercles et le District de Bamako. Les procédures s’effectuent jusqu’à présent de manière transparente, avec la participation des représentants des candidats. La MOE poursuivra l’observation dans les cercles, le District de Bamako et au niveau national jusqu’à l’annonce des résultats provisoires par le Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation (MATD) et la proclamation des résultats définitifs par la Cour Constitutionnelle », a souligné le chef de mission, Dr Ibrahima Sangho.

Aguibou Sogodogo

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