Recrutement de près de 500 agents du personnel d’appui du ministère de l’Economie et des Finances : Après l’annulation du concours, des agents relevés pour malversations

Le ministre du Travail et de la Fonction Publique, Mme Diarra Raky Talla, vient d’annuler le recrutement de près de 500 agents du personnel contractuel pour le compte du département de l’Economie et des Finances. La raison est très simple : le recrutement est truffé de malversations. Du coup, le directeur des Ressources humaines du ministère des Finances, Moussa Macalou, et son adjoint, ont été relevés par Dr Boubou Cissé.

L’affaire sur le recrutement des agents du personnel d’appui au niveau du ministère de l’Economie et des Finances continue de faire grand bruit dans la capitale malienne. En fait, ce concours vient d’être purement et simplement annulé par le ministre en charge du Travail et de la Fonction Publique, Mme Diarra Raky Talla, à la demande de son homologue de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé. La décision concerne des contractuels des catégories E et  D.

Cette annulation fait suite à un certain nombre de constats. D’abord, le jeune ministre de l’Economie et des Finances doutait de la transparence de ce recrutement. Selon certaines sources, beaucoup de malversations ont été évoquées. Les mauvaises langues disent même que certaines personnes ont déboursé des millions de nos francs pour figurer sur la liste. Du coup, c’est le directeur des Ressources humaines du département de l’Economie et des Finances, Moussa Macalou, et son adjoint, qui sont passés à la trappe car, selon nos sources, ils ont été relevés de leurs fonctions par le ministre Boubou Cissé. Et d’autres têtes vont tomber dans les jours à venir.

En fait, ces recrutements étaient destinés à renforcer le personnel contractuel de différents services du département de l’Economie et des Finances au titre de l’exercice budgétaire. Au départ, ils étaient au nombre de 394 agents à être recrutés et répartis dans différents domaines. Ils sont des  aides-comptables, agents de poursuite, collecteurs de taxes, agents de saisie, chauffeurs, standardistes, ronéotypistes, aides-informaticiens, aides-magasiniers, aides-archivistes, aides-bibliothécaires, relieurs, garçons de bureau, trieuses tous de la catégorie D. Il y a eu aussi des manœuvres : filles de salle, plantons et garçons de salle, de la catégorie E.

Dans une correspondance en date du 16 septembre dernier, le ministre de l’Economie et des Finances a informé son homologue du Travail et de la Fonction publique en ces termes : “Je constate un dépassement de 82 agents par rapport à l’expression de besoin nouveau formulée par mon département. Suite à ce dépassement, je voudrais, Madame le ministre, vous inviter par la présente à prendre des dispositions à votre niveau pour observer plusieurs années sans recrutement de ces catégories de personnel pour le compte du ministère de l’Economie et des Finances. A titre d’illustration, je signale à votre attention que depuis 2012, il n’y avait pas eu de recrutement pour ces catégories de personnel”.

Rappelons que le désormais ex-directeur des Ressources humaines, Moussa Macalou, avait pris la décision N°00985/Mef-Drh-Sdef portant affectation de ces agents. Le hic est que sur les 470 agents recrutés, 365 ont été affectés au niveau de la Direction générale des Douanes. Cela, sans que le Directeur général des Douanes, Modibo Kane Kéïta, ne soit au courant puisqu’il n’avait jamais exprimé le besoin. C’est dire que ce recrutement a été monté de toutes pièces, uniquement pour la Direction générale des Douanes. Après enquête, certains sont passés à table, reconnaissant avoir versé des pots de vin. Heureusement que les ministres Boubou Cissé et Raky Talla ont été très vigilants.

Les autres agents étaient affectés à la Direction générale des Impôts, à la Direction nationale du Trésor et de la Comptabilité publique, à la Direction générale du Budget, à la Direction nationale du contrôle financier, à la Direction générale des marchés publics et des délégations de service Public, à la Direction générale de la Dette publique, à la Direction des ressources humaines, à la Direction des finances et du matériel, à la Direction nationale de la planification du développement, à la Cellule de contrôle et de surveillance des systèmes financiers décentralisés et à l’Office national des produits pétroliers.

A.B.HAÏDARA

Source: Aujourd’hui-Mali

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