RDC: en Ituri, après les violences , les écoles rouvrent mais les élèves manquent

les violences

La représentante spéciale de l’ONU en RDC Leila Zerrougui poursuit sa visite en Ituri, une province de l’est du pays frappée par un regain de violences et des massacres impliquant les communautés Hema et Lendu. Ce mercredi, elle s’est rendue à Fataki. Plus des trois quarts de la population ont fui en février dernier. Après quelques semaines d’accalmie, certains habitants commencent à rentrer et lundi dernier, les écoles ont rouvert timidement.

Au lycée Koli Kori de Fataki, la cloche retentit à nouveau, mais dans les salles de classe les rangs sont encore clairsemés. « Nous avons seulement 25 élèves, confirme Soeur Odette, la responsable de l’établissement. Normalement, il y en a 165. Ce n’est donc même pas encore la moitié ».

A l’étage, dans la salle d’examen, quelques bâches en plastiques sont posées sur une rangée de bancs. C’est là qu’avant de devoir fuir elle-même, Soeur Odette avait accueilli des centaines de familles qui fuyaient les violences : « On a pillé leurs habitations. Nous avons eu pitié. On a ouvert la porte pour eux. Il y a encore des traces ».

A son retour, certaines familles étaient toujours là : « Le soir, il y a des familles qui rentrent encore. Pendant la journée, il faut encore chercher de quoi manger pour avoir 1 000 francs pour vivre ».

Quant aux élèves, selon Ephrem Buju, professeur de français, beaucoup ne sont revenus qu’avec une partie de leur famille et sont encore très perturbés : « Ils ont été dérangés par cette guerre-là. Ils ne sont pas bien installés dans leurs familles, alors ça dérange un peu leurs mentalités. Il y a encore des doutes, étant donné que la situation sécuritaire n’est pas encore bien déterminée jusque-là ».

L’internat du lycée, qui accueille habituellement les enfants des villages les plus reculés, est toujours fermé.

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