Primature: Moctar Ouane, un Premier ministre sans étoffe

Nommé à la tête de l’Exécutif transitoire, Moctar Ouane peine à prendre la plénitude de sa fonction. Au cours d’un entretien avec des médias français, le jeudi dernier, il a confirmé ce que plus d’un observateur murmurait jusque-là: M. Ouane ne gère rien ; ou, du moins, il est au courant de peu de dossiers importants de son pays.

« La réalité du pouvoir m’échappe. » C’est, à la limite, ce qu’a laissé entendre celui qui est supposé être le chef de l’Exécutif pour la durer de la transition. Visiblement très gêné par certaines questions, notamment celles relatives à la militarisation de l’administration publique ou la liberté de mouvement de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta, Moctar Ouane, l’air apeuré, s’est montré dubitatif et évasif.

« Non, les rôles sont bien repartis. Chacun joue sa partition. Nous avons tous à cœur de nous hisser à hauteur de la mission qui nous a été confiée », a-t-il répondu, comme s’il subissait la pression des militaires. Cette réponse simpliste en dit long sur ce que vit l’homme dans le fauteuil de Premier ministre.

Pour parler comme Mohamed Ag Assory, un internaute, spécialiste en communication, a trouvé cette interview carrément à l’Ouest pour un diplomate de carrière.

Selon lui, dans cet entretien, le chef du Gouvernement apparaît mal préparé, très stressé, très perdu. Beaucoup de Maliens ont eu l’impression que le Premier ministre Ouane, diplomate chevronné de son Etat, était à sa première intervention télévisée. En effet, il a complètement perdu complètement le fil au point de confondre les questions.

Son regard vide illustre clairement que Moctar Ouane n’est libre ni dans ses actions ni dans son ton.

« Le supplice dure et dure. Notre Premier ministre est malmené par les journalistes français qui se donnent le plaisir de reformuler les questions qui sont pourtant très simples », a fait remarquer un internaute.

Ce dernier s’est dit étonné de voir un diplomate chevronné, pour qui l’art de la parole doit être de mise, se faire laminer ainsi aux yeux du monde. « Quel spectacle désolant ! Ohhh !!! Si c’était Ortm au moins, on pouvait arranger », s’est-il exclamé.

Déçu du comportement du Premier ministre, Ag Sory a laissé entendre que la représentativité compte à un certain niveau de responsabilité. Et d’espérer que cela soit juste le résultat d’un mauvais jour pour lui. Il s’est montré très inquiet quant à la suite de la transition, car Moctar Ouane devrait être le plus calé du trio qui à la tête de la transition. « Avec l’arrivée de Diaw, on risque de faire les choux gras des réseaux sociaux satiriques », a-t-il conclu.

Il est pourtant unanimement reconnu qu’un diplomate parle. Il donne de la consistance à ses arguments en brossant concrètement la situation.

Un diplomate sait être aussi éloquent en trouvant les mots justes pour décrire des situations simples, mais aussi complexes. Ce qui n’était pas le cas de Moctar Ouane ce jour-là.

Il n’a jamais su orienter le débat sur les positions de l’Etat, sans pour autant entrer dans les détails sensibles.

Notre diplomate de carrière a peut être oublié qu’une interview sur une chaîne internationale est un créneau qu’il faut saisir pour vendre en permanence l’image du pays. Et malheureusement, la sortie sur France 24 n’était pas à la hauteur ; elle était tout simplement catastrophique.

Pourtant, ceux qui ont suivi la carrière de Moctar Ouane savent qu’il a toujours été dans son élément. Il argumente et dépeint une situation pourtant complexe en quelques minutes.

Aujourd’hui, c’est ce même homme qui est malmené et trimballé par des jeunes militaires qui tiennent la réalité du pouvoir de transition.

Pour sûr, on attendait mieux de l’homme expérimenté qu’il incarnait pour diriger l’équipe gouvernementale. Mais hélas ! Le Mali a encore du chemin à faire.

Dieu veille !

Harber MAIGA

Source: Azalaï Express

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