PRÉSENCE DE BARKHANE DANS LE SAHEL : L’OPINION PUBLIQUE FRANÇAISE DE PLUS EN PLUS DÉFAVORABLE

Si un an seulement après son déploiement en 2014, dans le Sahel, l’opération Barkhane avait commencé à focaliser des controverses, il faut dire que les hauts et les bas qu’elle a connus ces dernières années-ci, lui ont valu plutôt des appréciations mitigées. Les populations sahéliennes qui ont été les premières à se réjouir du déploiement des troupes françaises sur leurs territoires, ont fini par céder à une espèce de déception vu que la guerre contre le terrorisme tend à s’éterniser.

De nos jours, la bande sahélo-saharienne est l’un des espaces géographiques les plus militarisés de la planète sans pour autant que les groupes terroristes soient exterminés. Nous savons que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne, c’est la France qui s’est attribuée le rôle de ‘’Premier Gendarme’’. Face à ce choix délibéré de la France de s’attribuer le leadership de cette guerre, nombreux sont alors les observateurs et autres analystes qui se sont convaincu qu’il y a certainement des intérêts géopolitiques derrière cet engagement de la France dans le Sahel.

On se souvient que dans les pays du Sahel, les populations avaient manifesté une espèce de ressentiment à l’égard des troupes françaises déployées dans le Sahel. Les manifestations en question étaient devenues si récurrentes qu’elles ont finalement agacé le Chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, qui a finalement décidé de rencontrer ses homologues du Sahel afin de décider du retrait ou du maintien de Barkhane dans le Sahel. A ce ressentiment que les populations sahéliennes avaient commencé à éprouver envers Barkhane, sont venus s’ajouter des faits malheureux qui ont coûté la vie à plusieurs soldats français dans le Sahel. Du coup, certains dirigeants politiques français ont tenté de ces évènements malheureux, une récupération politique.

On se souvient que suite au drame survenu le lundi 25 novembre 2019 du fait de la collision, dans le Liptako, entre deux hélicoptères de la force française Barkhane, le parti politique français ‘’France insoumise’’, par la voix du député Eric Coquerel, avait souhaité que ce drame qui a touché l’Armée française soit l’occasion d’un débat sur ce que fait la France au Mali.

N’est-ce pas là une prédisposition de l’esprit à vouloir donner à ce drame une certaine connotation politique ? Pour abonder dans le même sens que Coquerel, son camarade-militant de ‘’La France insoumise’’, Jean-Luc Mélenchon avait dit à son tour « Je ne propose pas le retrait soudain et immédiat (Ndlr : des troupes françaises) du Mali, mais la définition des buts de guerre et le débat à l’Assemblée Nationale. Envoyer les nôtres à la mort sans objectif, ni limite n’est pas responsable ».

C’est dire que tant dans les pays du Sahel qu’en France, le déploiement des Forces françaises dans le Sahel suscite une vraie polémique.

Si dans un passé récent ce sont surtout les populations des pays du Sahel qui ont publiquement manifesté leurs ressentiments vis-à-vis des troupes françaises, il faut dire qu’en considération des résultats de certains sondages, l’opinion française, elle-aussi, est de plus en plus défavorable à la présence de Barkhane dans le Sahel. Ce sont les résultats d’une enquête exclusive ‘’Ifop’’ qui montrent que 51% des sondés ne sont pas favorables à l’intervention militaire française au Mali. Le sondage en question a été réalisé en début de cette année 2021, après que cinq soldats français aient été tués par des engins explosifs improvisés (EEI).

El Hadj Mamadou GABA

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