Offensive régionale contre Boko Haram dans le nord-est du Nigeria

Les militaires nigérians appuyés par des soldats de pays voisins ont lancé une grande offensive contre les deux factions du groupe islamiste Boko Haram et leurs dirigeants dans le nord-est du Nigeria, a annoncé mardi l’armée nigériane.

Des soldats du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Nigeria visent les chefs jihadistes Abubakar Shekau, dans la forêt de Sambisa, et Mamman Nur, dans la région du lac Tchad, dans les deux zones de l’Etat du Borno où le groupe est actif.

Selon l’armée nigériane, des dizaines de combattants islamistes ont été tués et des centaines d’autres forcés de se rendre au cours des derniers jours.

Selon des hauts responsables militaires à Abuja, Nur a été blessé et une de ses femmes tuée dans un bombardement aérien et Shekau est « un cheval épuisé, qui attend son Waterloo ».

Le porte-parole de l’armée nigériane, le général Sani Usman, a déclaré mardi que l’opération baptisée « Deep Punch 2 » avait fait « de remarquables progrès ».

Il a ajouté que quatre soldats avaient été tués et neuf blessés lundi lors d’un attentat à la voiture piégée contre un véhicule militaire près du camp de Shekau. D’autres responsables militaires et des milices civiles anti-Boko Haram interrogés part l’AFP ont fait état d’un bilan de dix morts.

Des responsables camerounais de la sécurité ont aussi affirmé que deux soldats camerounais avaient été tués dans la forêt de Sambisa. « Nous avons perdu deux soldats intégrés dans la Force multinationale mixte lors d’une opération lancée à Sambisa contre Boko Haram. L’opération a été engagée il y a plusieurs jours. Les deux militaires camerounais ont été tués ces jours-ci lors des combats. L’armée nigériane est très engagée dans cette opération, mais aussi d’autres forces comme celle du Cameroun », selon une source sécuritaire jointe dans la région de l’extrême-nord du Cameroun. Cette information a été confirmée par une autre source.

Boko Haram mène une insurrection depuis 2009 pour la création d’un Etat islamique dans le nord-est du Nigeria, des violences qui ont fait au moins 20.000 morts et plus de 2,6 millions de déplacés.

Le président nigérian Muhammadu Buhari, un ex-général qui devrait briguer un second mandat l’an prochain, a été élu en 2015 sur la promesse d’en finir avec les insurgés.

Lui-même et de hauts responsables militaires avaient assuré à plusieurs reprises que le groupe affilié à l’organisation Etat islamique avait largement été vaincu, mais Boko Haram poursuit régulièrement ses attentats.

La faction dirigée par Nur a revendiqué vendredi dernier un raid sur une base militaire qui a fait neuf morts fin décembre.

Shekau, plusieurs fois donné pour mort par les autorités, est apparu le 2 janvier dans une nouvelle vidéo, revendiquant une série d’attaques dans la capitale du Borno, Maiduguri, et dans les villes de Gamboru et Damboa frontalières du Cameroun.

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