Non au dépeçage du Mali : Communiqué sur l’initiative du Premier ministre portant sur la révision constitutionnelle

Dans une déclaration le Bloc pour le redressement et le développement du Mali s’insurge contre le processus de révision de la Constitution initiée par le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga.

Le Gouvernement du Mali vient d’engager un processus de révision de la Constitution en prenant deux décrets le 14 janvier 2019, à savoir :

1) Création du comité d’experts pour la réforme constitutionnelle.

2) Nomination des membres du comité d’experts pour la réforme constitutionnelle.

Le BRDM informe l’opinion nationale et internationale que cette démarche solitaire du premier ministre dans un mépris total des institutions, des forces vives de la nation et du peuple malien, jure avec la constitution du 25 février 1992.

En effet, cette fuite en avant du premier ministre est en contradiction flagrante avec la Constitution.

Article 118 de la Constitution

« L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République et aux députés.

Le projet ou la proposition de révision doit être voté par l’Assemblée nationale à la majorité des deux tiers de ses membres.

La révision n’est définitive qu’après avoir été approuvée par referendum.

Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie  lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire.

La forme républicaine et la laïcité de l’Etat ainsi que le multipartisme ne peuvent faire l’objet de révision ».

Donc, de façon incontestable, la procédure engagée par le premier ministre viole la Constitution, qui plus est mal fondée et aux antipodes de la demande de la classe politique, des parlementaires toutes obédiences confondues, de la société civile pour un dialogue national inclusif primordial.

Comme la plateforme politique PMR, Pacte malien pour la refondation,  dont le BRDM est membre, a solennellement prôné pour « la tenue d’un dialogue national refondateur, qui permettra aux Maliens de revisiter les institutions de la République et les pratiques démocratiques en cours afin de proposer les réformes institutionnelles et de gouvernance indispensables, ainsi que les réponses endogènes adéquates pour la résolution des maux dont souffre le Mali ».

Si la révision constitutionnelle consisterait à la transplantation des clauses de l’Accord de Paix et de Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger dans la Constitution malienne, nous disons que cela prépare le lit dangereux de la partition du Mali au profit des séparatistes et leurs mentors qui ont pris la lourde responsabilité de prendre les armes contre notre pays.

Par ailleurs, l’intégrité du territoire suppose le droit de l’Etat de pouvoir déployer l’entièreté de ses missions régaliennes, d’exercer toutes ses compétences sur l’ensemble de son territoire national. Aujourd’hui l’accomplissement des prérogatives de l’Etat est impossible dans le Nord et le Centre qui sont exposés quotidiennement au terrorisme, au djihadisme violent, aux trafics en tous genres et aux conflits meurtriers intercommunautaires.

Par conséquence, toute initiative anti constitutionnelle y comprise celle placée sous la pression et le contrôle de la communauté internationale, qui consisterait à mettre le pays à genou pour une partition au profit de la rébellion et des puissances étrangères, serait sanctionner par le peuple malien uni pour sauvegarder son destin.

Monsieur le premier ministre, trop c’est trop, nous ne pouvons pas, eu égard aux valeurs qui nous ont été léguées par les pères fondateurs de la nation, participer au dépeçage du Mali.

Bamako, le 24 janvier 2019

Le Président du BRDM

Oumar MC KONÉ

SourceL’Aube

 

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