Mort d’Alladi ag Alla, dit Alladen, figure historique de la rébellion touareg

ATT en 2012 présumés jihadistes

Au Mali, une figure historique de la rébellion touareg a disparu. Alladi ag Alla, connu sous le nom de Alladen,  est mort samedi 29 septembre à Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie, des suites d’une maladie, selon une information confirmée par des proches. Considéré comme le premier chef rebelle touareg du Mali dans les années 1960, il avait été arrêté, emprisonné, avant de s’évader de prison, et de devenir au fil des années un conseiller très écouté de toutes les rébellions touareg qui se sont succédé.

Alladi ag Alla est intimement lié à la première rébellion touareg des années 1960. Il est le fils de Alla ag Abacher, tué en 1954 par les Français. Près de 10 ans plus tard, alors que le Mali est devenu un Etat indépendant, Alladi va venger son père en tuant à son tour deux goumiers, deux soldats français.

Cet assassinat signera le début de la révolte de 63 et 64, une révolte avortée, marquée par une répression sanglante des populations touareg par le jeune pouvoir malien. Massacre des populations, mais aussi du cheptel, acculturations des touareg, les familles vont massivement quitter le nord du pays pour l’Algérie puis la Libye.

Les exactions vont laisser des traces profondes et vont préparer les futures rébellions touareg dans le Nord du Mali. Alli ag Alla est un fils de Kidal, il incarnera une aile radicale de l’opposition à la France puis à l’Etat malien. Il sera arrêté et longtemps emprisonné avant de s’évader.

Dans les années 1990, il ne participera pas directement à la rébellion conduite par Yad ag Ghali mais demeurera longtemps un conseiller précieux pour les touareg irrédentistes.

C’est quelqu’un qui avait déjà une famille particulière…
Pierre Boilley, professeur d’histoire à l’université Paris 1 et spécialiste des rébellions touareg

Source: rfi

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