Mopti : Silence on construit sur l’emprise du camp militaire

ATT en 2012 présumés jihadistes

Le pillage du foncier est devenu, ces dernières années, l’activité lucrative la plus enviée au Mali. C’est le cas à Mopti où un certain Oumar Sangaré (quincailler) prétendant avoir acquis sa parcelle par voie légale, s’est permis d’aller construire (voir photo) sur l’emprise du camp militaire de l’armée de terre. Vu l’attitude défiante des prédateurs fonciers, le gouverneur de cette région semble, cette fois, déterminé à prendre le taureau par les cornes.

Las d’être saisi par ses administrés et agacé à force d’être interpellé fréquemment par les autorités de Bamako à cause des litiges et pillages fonciers, le gouverneur de Mopti, le Colonel Sidiki Samaké aurait reçu, le lundi 5 décembre 2016, le commandant de sa région militaire le Colonel Daoud. Au cours de leurs échanges, ces deux hautes personnalités ont convenu qu’aujourd’hui les problèmes fonciers en cinquième région méritent, une attention toute particulière.

À preuve, un certain Oumar Sangaré (un magnat de la quincaillerie) s’est permis d’aller ériger, à coups de plusieurs millions de Cfa, une bâtisse sur l’emprise du camp militaire de l’armée de terre à Sevaré précisément dans une zone dite ‘’village CAN’’. C’est ce qui ressort d’un constat fait par les soins de Daoud commandant de la région militaire de Mopti agissant sur instruction du gouverneur Samaké.

Le directeur régional de l’urbanisme Kalifa Koné et le premier adjoint au maire de la commune urbaine de Mopti Garba Yero Samassékou ne seraient pas étrangers dans cette affaire. C’est Garba qui aurait vendu ladite parcelle à Oumar en symbiose avec le service régional des domaines. En conséquence, le Colonel Sidiki Samaké aurait donné un certain nombre de consignes fermes à ses services techniques. À savoir : parvenir à cesser les travaux de construction en cours et faire entendre les acquéreurs desdits terrains au niveau de la gendarmerie locale que dirige l’intègre Colonel Sayon Traoré.

En effet, des gens ont poussé leur audace à fond au point de défier l’autorité de l’Etat ce qui s’illustre par le morcellement, la vente puis la construction de tout espace vide appartenant ou non à l’Etat ou à des particuliers. Afin de s’adonner en toute impunité à leurs activités nuisibles un lobbying s’est organisé, depuis quelques années, à Mopti pour s’accaparer des réserves foncières.

Il serait constitué du maire principal Papa Oumar Bathily, des responsables du service des domaines et de l’urbanisme ainsi que deux impénitents prédateurs fonciers en l’occurrence Mamadou Vieux Guitteye et Mamadou Djiré qui seraient aussi impliqué dans le pillage du patrimoine foncier de la société Energie Du Mali (EDM).  M Mamadou Guiteye affirme s’être rendu à Bamako où il a pu convaincre le ministre Bathily sans détailler les dessous.

Est-ce à dire qu’il se met de facto sous un bouclier ? Le hic c’est que cet état de fait unanimement déploré au Mali demeure jusqu’à nos jours sans solution. Finalement, certains maliens qui n’ont pas totalement tort de penser ainsi, vu l’ampleur que prend sans cesse ce phénomène, se sont isolés dans le scepticisme quant à l’avenir même de leur pays.

À noter que si ces chantiers sont démolis, comme l’exige la procédure en la matière, Mamadou Vieux Guitteye et son émissaire Mamadou Djiré emprunteront un chemin qui les conduira tout droit en taule. Car, ils seront poursuivis pour atteinte et dégradation des biens de l’Etat. Quant aux acquéreurs, comme Oumar Sangaré, il leur sera difficile de récupérer ce qu’ils ont perdu à savoir l’argent versé à tous les niveaux de la chaine pour l’acquisition des parcelles et l’investissement y afférent.

C’est ainsi que Aba Yirango président de l’Association Pour le Mali (APM) et les membres de son bureau attendent à Mopti Mohamed Ali Bathily ministre des domaines de l’Etat et des affaires foncières avec impatience. Sa visite vivement souhaitée, permettra de tirer au clair certains dossiers qui brulent la main des autorités locales.

Affaire à suivre

Dougoufana Kéita

Source: La Sirène

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