Monnaie Eco : L’économiste Yacouba Sangaré prône une parité flexible

«Fin du franc CFA, quel avenir pour l’Eco ?», tel était le thème de la conférence de presse organisée samedi dernier à la mairie de Kalaban coro, animée par Yacouba Sangaré, le directeur administratif et financier de 6C Distribution. La rencontre a été initiée par la Jeune chambre internationale (JCI) Kalaban, et s’est déroulée en présence du président national de la JCI Mali, Moustapha Sanogo, du vice-président communautaire de la JCI, Moussa Coulibaly.

D’entrée de jeu, le conférencier a rappelé que notre pays ayant fait le pari de la souveraineté monétaire après l’indépendance, a capitalisé une certaine expérience en matière de gestion monétaire. «Nous avons quitté la zone franc pour venir au franc malien, ça s’est soldé par un échec. Il est important d’apprendre de ce qui n’a pas marché pour mieux préparer l’avènement de l’Eco afin que cette nouvelle monnaie ne soit pas comme le franc malien», a indiqué cet économiste. En la matière, Yacouba Sangaré a souligné que le franc Cfa est actuellement fondé sur certains éléments tels que la parité fixe par rapport à l’euro et la représentation de la France dans les instances de gouvernance.

Des rapports anciens non bénéfiques qu’il faudrait revoir afin de profiter des opportunités qu’offre une monnaie indépendante et souveraine. «Il est important qu’on prenne nos responsabilités, qu’on aille vers une parité flexible. Une parité qu’on peut utiliser comme un moyen de politique économique», a plaidé le conférencier, espérant que cette nouvelle monnaie impactera positivement l’économie de l’Uemoa.

En la matière, l’un des avantages de la monnaie Eco est qu’auparavant 50% des réserves de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) étaient logées au Trésor français. Avec cette nouvelle monnaie, ce compte d’opération sera supprimé, a expliqué le conférencier. Ainsi, la Banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) peut se servir de ces réserves pour financer les économies et investissements nécessaires aux états membres de l’Union, a-t-il estimé.

Pour Yacouba Sangaré, l’Eco pourrait être synonyme d’indépendance économique, mais pas totalement. « Actuellement, il a été arrêté que le nom va changer. La France ne sera plus présente dans le conseil d’administration de l’Eco. La parité fixe est maintenue et il est envisagé que cette monnaie soit garantie par la France», a-t-il relevé, affirmant sans argumenter que l’Eco permettra d’amorcer la souveraineté économique à laquelle aspirent nos populations.

Babba B. COULIBALY

Source : L’ESSOR

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