Migration clandestine : plus de 6000 Maliens ont été expulsés depuis 2013

De 2013 à nos jours, plus de 6000 migrants Maliens ont été rapatriés. Ces chiffres ont été communiqués ce matin par la direction nationale du développement social, lors d’un point de presse tenu à Bamako. Selon les responsables de la direction, ces Maliens expulsés ont été appuyés par l’État

à travers « l’accueil, la prise en charge psychosociale, l’hébergement et la nourriture pendant le transit ainsi que la prise en charge du transport pour les destinations de retour ».

Ibrahima Abba Sangaré, directeur national adjoint du développement social, fait le point sur la situation des expulsés Maliens depuis 2013. Il est au micro de Mahamane Baba Kounta :

« En 2013, nous avons réussi 273 Maliens refoulés de la Libye. En 2014, nous avons reçu 3455 personnes refoulées dont 2116 de la république Centrafricaine et 1239 du Cameroun. En 2015 nous avons reçu 1126 personnes refoulées dont 344 de la Guinée Équatoriale, 34 de l’Espagne, 67 de la Tunisie, 291 du Gabon, 26 de la Guinée Conakry, 194 du Nigeria, 170 de la Libye.

Et en 2016 à mis parcours, nous constatons encore 1196 de nos compatriotes refoulés pour retourner au Mali. Nous avons mené des opérations qui nous ont permis d’abord de les accueillir, de les héberger, de les nourrir, de les soigner et de prendre les disposions avec les compagnies de transport pour que chacun regagne sa localité.

A ce niveau nous avons demandé en collaboration avec les autres services techniques de les sensibiliser et de les accompagner dans le cadre de la réinsertion, comme le problème de l’emploi au Mali n’est pas un problème qu’on peut résoudre du jour au lendemain ».

Parmi ces migrants Maliens expulsés, 430 ont quitté l’Algérie cette semaine pour rentrer au Mali.

Ils disent avoir vécu dans des « conditions extrêmement difficiles » dans ce pays d’accueil. Hier l’association malienne des expulsés a donné la parole à ces migrants pour qu’ils témoignent et qu’ils alertent les éventuels candidats à l’émigration.

Bouba Camara est l’un de ces expulsés, il vient de la région de Kayes :
« Déjà à un kilomètre de Gao, on a été attaqué par les rebelles. Ils nous fouillent et nous demandent de l’argent. Ils prennent tout ce qu’on a. On venait des lieux où il n’y a pas de l’eau et pas de nourriture. Nous-même on sait qu’on a survécu, mais c’était vraiment dur. On a fait six jours dans le Sahara et on a souffert. Quand on voit son prochain mourir, c’est une souffrance dont on ne peut pas parler.

Donc moi j’ai vu mes camarades mourir au cours du voyage et je n’arrivais pas à les sauver. Nous on était 69 personnes. 60 sont arrivées en Algérie et les 9 personnes qui sont mortes.

En Algérie, il y a du travail, mais les Algériens même sont des mafias, leur vie c’est le trafic. Il y a des Maliens qui passent, il y a des femmes Maliennes, Sénégalaises, Nigériennes, Togolaises et des Guinéennes qui passent par le nord du Mali pour aller clandestinement en Europe, mais ils passent par l’Algérie. Moi je souhaite vraiment que ce chemin soit barré ».

L’association des Maliens expulsés a réagi hier à l’expulsion de ces Maliens d’Algérie. Selon le président de l’association, des mesures d’accompagnement seront mises en place pour aider ces Maliens.

Ousmane Diarra est le président de l’AME. Il est au micro de Mariam Coulibaly :
« Depuis un mois, on a appris que nos compatriotes qui vivent en Algérie sont dans des situations très difficiles. Il y avait beaucoup de tracasseries dans certaines frontières, même si ces pays sont membres de la CEDEAO.

Alors dans la CEDEAO, on a une convention additionnelle qui montre qu’il y a la libre circulation des personnes et de leurs biens. Ici à Bamako aussi, les conditions n’étaient pas beaucoup réunies, mais il y avait quand même un accueil le premier jour. 24 heures après ils sont vraiment dans des conditions très très difficiles. Mais on va trouver des voies et moyens pour les orienter vers des ONG humanitaires comme ENDA-Mali et d’autres organisations qui peuvent prendre en charge certaines personnes. Nous c’est pour les accompagner psychologiquement ».

Source: Studio Tamani

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