Malien du riz (SAMARIZ) 2016 «Nous voulons qu’à partir de ce salon, le riz ‘Made in Mali’ soit accessible à tous les Maliens» dixit Abdoul Berthé

L’agence de communication et de production ‘’ENTYS EVENT’’, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, l’Office du Niger et l’APCAM, organisera du 11 au 17 décembre 2016 la 1ère édition du Salon Malien du Riz (SAMARIZ) à Ségou. Dans une interview, le conseiller technique de l’initiateur, Abdoul Berthé, nous explique en long et en large les ambitions de ce salon.

 Le Débat : Pourquoi un salon exclusivement dédié au riz ?

Abdoul Berthé : Le Salon du riz est une initiative d’ENTYS EVENT communication en collaboration avec l’Office du Niger, le ministère de l’Agriculture et les organisations paysannes qui évoluent dans le secteur du riz. Donc, l’ensemble de ces acteurs se sont donné la main pour lancer ce salon. Ce salon sera un espace de communication entre les consommateurs locaux et les entrepreneurs agricoles maliens, afin de leur permettre de s’investir dans l’agriculture en vue de réduire le coût du riz et autres produits agricoles au Mali. Cela veut dire que nous avons un potentiel agricole très important dans le domaine du riz. Si nous voulons valoriser le riz malien, nous nous sommes dit qu’il faut un salon qui donne l’opportunité aux organisations paysannes, à l’Office du Niger, au ministère de l’Agriculture, aux entrepreneurs agricoles locaux, de valoriser davantage ce secteur.

Ce qui est déplorable, c’est que jusqu’à présent, on parle de l’Office riz à Ségou. Mais, malheureusement, nous ne voyons pas de ‘’Made in Mali’’ sur nos différents sacs de riz qui sont vendus sur les marchés. Dans nos marchés, il y a que du riz thaïlandais, brésilien. Donc, ce salon sera aussi un facteur pour que les Maliens puissent consommer le riz local. Et pour que les Maliens consomment le riz local, il faudrait d’abord que ce riz soit disponible. Nous allons, durant ces sept jours, exposer les différentes variétés de riz disponibles au Mali. Nous allons donner également la chance aux entrepreneurs agricoles d’exposer leurs produits. L’opportunité sera donnée aussi aux organisations paysannes de parler du riz malien.

Pour inciter les jeunes à s’investir davantage dans ce secteur, il faudrait d’abord que l’Etat mette d’abord ce secteur et ce produit en valeur. Et si les gens ne voient pas le riz malien dans les marchés maliens, nous dirons que l’existence de l’Office n’a pas de sens. Nous voulons qu’à partir de ce salon, l’Etat malien, les organisations paysannes réfléchissent  à une nouvelle stratégie pour que le riz ‘’made in Mali’’ soit accessible à tout le monde.

Pour cette 1ère édition, nous visons d’abord les Maliens et pour la 2ème   édition, nous allons inviter les pays de la sous-région ; pour la 3ème   édition, notre souhait est que le riz malien soit exporté vers les autres pays d’Afrique de l’Ouest et l’Europe.

Les produits importés sont souvent moins chers que les produits locaux sur les marchés, quelles mesures envisagez-vous par rapport au prix du riz ?

Le constat est amer. C’est vrai que les prix des produits que nous cultivons sont chers. Je pense que c’est à nous jeunes de sensibiliser davantage les autorités maliennes face à cette  triste réalité. Les mesures que nous allons prendre, nous allons d’abord passer par la sensibilisation, mettre à contribution les structures de communication, les journalistes, les médias pour qu’on continue davantage à sensibiliser nos autorités et les inciter à investir davantage dans ce secteur. Si réellement, la quantité produite n’est pas suffisante, il s’agit d’inciter les producteurs locaux à produire de façon suffisante pour que ce riz soit accessible aux Maliens à des prix raisonnables. Cela passe nécessairement par des subventions. L’Etat dit souvent qu’il accorde des subventions aux organisations paysannes, mais nous aussi, nous avons fait une enquête et nous avons vu que cette subvention n’est pas suffisante pour que le prix du riz soit à la portée des Maliens. Si on se donne la main, les acteurs et les médias pour mieux faire, je pense que le prix du riz local serait moindre par rapport aux autres. C’est vraiment une question de vision et de politique, vu que l’Etat a adopté une politique agricole, elle doit être ressentie par les Maliens à travers le panier de la ménagère. Si le coût est très élevé, naturellement on va vers les autres riz. Mais, si l’Etat fait un effort dans ce sens, les Maliens l’auront facilement et cela est valable pour tous les autres secteurs agricoles. Le riz est beaucoup plus consommé que le maïs, le mil. Etant donné que les Maliens consomment beaucoup de riz, l’Etat doit faire un effort pour que ce riz soit accessible. Mais cela passe obligatoirement par l’implication de tous et par la sensibilisation.

Comment comptez-vous mobiliser les paysans autour de ce salon ?

La mobilisation des paysans est déjà faite car nous sommes avec les organisations paysannes. Qui parle de salon du riz, parle déjà des organisations paysannes. Sans ces organisations paysannes, il ne peut y avoir de salon du riz. Nous sommes avec les délégués de l’Office du Niger qui travaillent directement avec les organisations paysannes et les délégués sont dans l’organisation de ce salon, et font partie de la commission d’organisation. Ils vont activer leurs réseaux. La seconde mobilisation passe par les médias. Durant tout le mois de novembre et décembre, nous allons continuer à multiplier les actions pour que les acteurs et entrepreneurs agricoles fassent le déplacement à Ségou. Nous invitons la population surtout les femmes à venir visiter ce Salon, à échanger avec les productrices et producteurs de riz. Cela va être un marché gagnant-gagnant parce que certains auront des opportunités, à savoir comment faire pour que le riz produit à l’Office du Niger soit disponible dans leurs marchés.

Quelles sont les mesures prises par rapport aux stands, car ils sont souvent trop chers pour certains agriculteurs ?

Si vous voyez que nous sommes en train de monter des dossiers de sponsoring, pour aller vers les entreprises agricoles, c’est pour que les femmes et hommes au niveau rural, qui n’auront pas les moyens de prendre des stands, puissent eux aussi exposer leurs produits. Si ces entreprises agricoles donnent de l’argent pour qu’on organise le salon, nous allons affecter une partie de ce budget à la confection des stands qui seront mis à leur disposition. 150 stands sont prévus au total.

 

Propos recueillis par Y. D

Source: Le Débat

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