MALI : La CEDEAO propose, le peuple dispose

Goodluck Jonatan ne s’avoue pas encore vaincu dans sa tentative de résolution de la crise malienne. Venu à la tête d’une délégation importante la semaine dernière, l’ancien président nigérian chargé par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest(CEDEAO) de négocier une sortie de crise à la contestation politique en cours a bouclé un premier tour de

Premier constat de l’envoyé spécial de la CEDEAO : la délégation avait sous-estimé la colère des Maliens qui souhaitent le départ du président IBK du pour. Goodluck aura compris la détermination des indignés maliens lors des rounds de négociation avec ces derniers dans les salles cossues de l’Hôtel Salam de la capitale malienne. Au cours de ces pourparlers, les gens du M5 ont campé sur leur position, à savoir la démission du chef de l’Etat.

Démettre le président malien est un sujet délicat pour l’envoyé spécial des chefs d’Etat de la CEDEAO qui n’ont pas intérêt à encourager la démission d’un président élu, au risque de constituer une jurisprudence pouvant se retourner contre leurs pouvoirs. La proposition de Goodluck était donc le maintien d’IBK au pouvoir tout en reconnaissant le bien fondé et la légitimité des revendications des membres du M5-RFP.

Goodluck s’était bien préparé aux questions relatives aux législatives passées ; il avait notamment rencontré les candidats privés de leurs victoires par l’ancienne Cour constitutionnelle de Manassa Danioko. Le médiateur de la CEDEAO avait aussi rencontré d’autres acteurs comme les magistrats et la société civile pour mieux préparer sa proposition de sortie de crise. Et concernant les résultats des législatives controversées, les émissaires ouest africains ont proposé des élections partielles dans les circonscriptions électorales problématiques.

Mais l’envoyé spécial de la CEDEAO a passé sous silence les tueries de manifestants qui ont eu lieu les 10, 11, 12 et 13 juillet à Bamako. Ce crime de sang dont ont été victimes certains jeunes contestateurs désarmés a été perpétré par la FORAST. Cette unité antiterroriste qui n’est pas à son premier massacre de civils. Elle a déjà été utilisée pour tuer de jeunes manifestants dans la ville de Sikasso au lendemain de la proclamation des résultats des législatives passées.

Les membres du M5 ont plutôt posé sur la table la question des tueries, en exigeant que les responsables soient arrêtés et punis à la hauteur de leur crime. La CEDEAO est restée évasive sur ces assassinats, d’autant plus que le chef de l’Etat qu’elle tente de sauver est compromis au plus haut niveau. Il est clair qu’on n’est loin du bout du tunnel dans la résolution de la crise malienne. Tout compte fait, la CEDEAO propose mais c’est le peuple malien qui dispose

Source: La Sirène

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