Les vendeurs n’attendent que les clients qui peuvent se procurer des bêtes en fonction de l’épaisseur de leurs portefeuilles

La communauté musulmane s’apprête à commémorer la fête de Tabaski (AID el Kabîr) la semaine prochaine. Les préparatifs vont bon train pour ce grand événement religieux et social. Dans nos familles, toute l’attention se concentre désormais sur l’acquisition du précieux mouton destiné à commémorer le sacrifice d’Abraham. Cette préoccupation principale est au centre de toutes les causeries aussi bien dans les ménages que dans les bureaux et autres lieux de regroupement. Ségou, la cité des Balanzans, ne fait pas exception à la règle. Ici, le marché est bien fourni et le client a le choix. Mais, ce n’est pas pour l’instant la ruée, vendeurs et acheteurs s’observent. Dans le grand «garbal» de la ville, situé sur la route de Markala, ce lundi on observait des moutons à perte de vue. Dans ce marché, il y avait un tohu-bohu infernal entre éleveurs et acheteurs, mais pas n’importe lequel. La particularité dans ce marché, c’est la présence des Mauritaniens.
C’est ici aussi que les gros revendeurs maliens, sénégalais et ivoiriens viennent s’approvisionner. Dans ce marché pour les quelques particuliers qui arrivent, les prix varient entre 50.000 FCFA et 200.000 FCF. Les grossistes ont leurs prix qu’ils gardent jalousement. Moulaye Haïdara est venu de la Mauritanie avec plusieurs têtes de moutons dont les prix varient entre 60.000FCFA et 80.000 FCFA. Cependant, il explique que la majorité de ses bêtes sont déjà vendues à un client qui vient de la Côte d’Ivoire. Ceci, dit-il, lui permettra de faire un second tour avec des moutons. Il demande à ses clients de Ségou d’attendre son arrivée lundi prochain et leur promet d’autres bons moutons.
Pourquoi ces Mauritaniens choisissent le marché malien pour écouler leurs moutons lors de la fête de Tabaski ? Notre interlocuteur répond que ce marché à bétail qui est un carrefour, leur donne l’opportunité de faire de bonnes affaires. «C’est ici que l’on peut négocier avec les grands clients de Bamako, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal», explique-t-il. Et d’ajouter que depuis 5 ans qu’il a commencé à venir, il s’est fait aussi plusieurs clients dans la ville de Ségou. «Mais généralement eux ne se précipitent pas, ils attendent toujours les deux derniers jours», précise Moulaye Haïdara, qui venait de commencer un marchandage avec un client venu de Bamako.
Comme indiqué par notre éleveur mauritanien, on peut voir sur le site des camions prêts à embarquer les animaux soit pour Bamako, ou Abidjan, soit pour Dakar. Non loin se trouve Moctar Koné, un autre vendeur de moutons sur ce même site. Les prix de ses moutons varient entre 50.000 FCFA et 200.000 FCFA. Il est plutôt direct. «Vous êtes certainement étrangère, car les autochtones savent que ces moutons sont destinés pour la plupart des cas aux grandes villes», a-t-il répondu à notre question.
Autre lieu, autre réalité. Dans ce point de vente situé sur la route de Pelengana, les moutons sont disponibles, mais pas pour toutes les bourses. Issa Djiré nous révèle que le prix du mouton varie selon la qualité de l’animal. « Vous voyez vous-même que dans ce parc, il n’y a pas de petits moutons », dit-il en insistant. Les prix jugés trop chers pour la population de Ségou vont de 80.000 FCFA à 200.000 FCFA. Au parc de moutons de Sébougou, le constat est le même : les petits moutons sont cédés à partir de 50.000 FCFA et les prix montent crescendo en fonction de la prestance des bêtes.
Cependant, comme à Bamako, à Ségou aussi on a le choix entre aller dans un marché à bétail ou aborder au hasard les vendeurs ambulants de moutons dans une rue de la ville. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le marché est bien fourni à Ségou et qu’en attendant de servir les grandes villes, la population de la Cité des balanzans attend patiemment les deux derniers jours pour acheter le mouton de la fête.

Source: essor.ml

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