L’Energie en commune V : les agents sont-ils dans un réseau ?

Energie du Mali

«L’idée maîtresse qui doit nous guider dans le choix d’une profession, c’est le bien de l’humanité et notre propre épanouissement. La nature de l’homme est ainsi faite qu’il ne peut atteindre sa perfection qu’en agissant pour le bien de la perfection de l’humanité.»(Karl Marx).

Il importe de dire qu’au 21ème siècle et au regard de l’avancée majeure de la science et de la technique dans pratiquement tous les domaines de la vie socioéconomique, politique et culturel, l’électricité n’est plus (ou ne doit plus être) un luxe. En ce sens, le citoyen lambda a lui aussi droit à la lumière, à l’eau fraiche et accessoire qu’apporte l’électricité dans les familles. Malheureusement, le droit aux avantages de cette invention scientifico-technique pour tous est une grosse illusion, en tout cas chez nous. Cette triste réalité connue de tous en République du Mali, n’est plus à démontrer aujourd’hui. Suite à des problèmes récurrents, l’écrasante majorité de la population du Mali est privée de ce droit élémentaire pour tout être humain.

Pour le citoyen moyen, l’abonnement à l’eau et à l’électricité est un problème majeur et ce ne sont pas les factures en ces domaines qui prouveront le contraire. Il y a aussi le fait que les Maliens sont confrontés aux coupures intempestives du courant et cela même pendant la période de crue des eaux du fleuve Niger.

Le constat contradictoire qui crève pourtant les yeux, c’est que les factures d’électricité ne reflètent nullement ces coupures incessantes du courant (bon an mal an). Les factures, contrairement aux anciennes sont aujourd’hui difficilement saisissables. Il reste donc aux citoyens de s’acquitter des factures au lieu de se casser la tête pour les comprendre au préalable. En tout cas, quelque part, le consommateur est noyé !

Mais là où il y a un hic, c’est que depuis un certain temps, des agents de pointage de consommation apportent avec eux dans les familles des fiches d’avertissement de coupure de courant pour ceux qui sont en retard de payement. Cela est normal, mais ce qui semble curieux dans à ce niveau (tel est le constat de bien de familles en commune V) c’est que ces fiches portant mention «avertissement» ne servent pratiquement à rien étant entendu que les agents qui les déposent décident séance tenante de procéder à la rupture du courant.

Comme c’est le Mali ! Ces agents n’hésitent pas à prendre 2000 F ou 1000 FCFA aux consommateurs de courant pour que la coupure n’ait pas lieu à la minute du dépôt de l’avertissement. Dès fois aussi, c’est le samedi que ces agents déposent ces fiches d’avertissement pendant qu’il n’y a plus la possibilité d’aller régler les factures. Allez-en savoir plus ! Très souvent aussi, certains consommateurs n’accumulent pas deux factures et pourtant ils reçoivent des avertissements ! Comment comprendre ces façons de prendre les consommateurs maliens ? Difficile de dire autre chose qu’ils sont considérés avec dédain dans leur propre pays.

En tout cas, l’avertissement ne doit s’accompagner en aucune façon de coupure. Ce qui semple plus incompréhensible dans tout cela, c’est que depuis jeudi, le 23 avril, dans certaines agences de l’énergie en Commune V du district de Bamako, pour faute de connexion, les clients qui prennent le rang sont priés de rentrer à la maison avec leurs factures et l’argent des factures. Plus curieux, quelques heures à peine après leur retour à la maison, des agents se présentent avec la fiche d’avertissement de coupure, et comme d’habitude, ils coupent séance tenante si on ne négocie pas avec le petit billet de banque. Comme si l’absence de connexion dans les agences relève des clients !

Si les responsables de l’énergie pouvaient chercher à bien comprendre ces agissements d’agents, ils se rendraient plus utile aux clients qui choisissent d’être clients de la Société Énergie du Mali (EDM-SA).

En tout cas, vu le fait que l’avertissement signifie pour des agents de l’EDM- SA ‘‘coupure immédiate et automatique’’ si…, il y a lieu de se demander si ces agents ne sont pas dans un réseau, en Commune V tout au moins !

En tout cas, il est judicieux de dire qu’en choisissant de servir les populations, on doit se donner pour devoir de les servir loyalement. C’est le bien de l’humanité que l’on doit défendre dès lors qu’on choisit de servir les populations qui endurent dans leur âme et dans leur corps les affres de la misère et de la désolation et ce, même en régime capitaliste.

Lisons à cet effet ces lignes de Karl Marx: «L’idée maîtresse qui doit nous guider dans le choix d’une profession, c’est le bien de l’humanité et notre propre épanouissement. La nature de l’homme est ainsi faite qu’il ne peut atteindre sa perfection qu’en agissant pour le bien de la perfection de l’humanité.»

Ce que les agents de l’énergie qui se livrent à de tels actes doivent garder à l’esprit, c’est qu’ils serviront mieux nos populations en s’en tenant  strictement à l’application correcte des lois qui régissent les rapports de l’EDM-SA et de sa clientèle. Encore qu’il faut dire que le service rendu à cette clientèle n’a aucun caractère altruiste ! Loin s’en faut !

Si les dirigeants de l’EDM-SA veulent bien servir leur clientèle, ils doivent mener des enquêtes auprès des populations pour en savoir davantage sur l’application qui se fait des fiches d’avertissement de coupure de courant notamment en Commune V.

Aussi, ce n’est pas au moment où les clients ne payent pas leurs factures pour faute de connexion dans les agences d’EDM-SA qu’il faut leur adresser des avertissements de coupure de courant. Les populations n’étant pas responsables du manque de connexion dans les agences de l’EDM-SA, il n’est pas judicieux de les plonger dans le noir pendant cette crise de connexion.

Fodé KEITA

L’Inter de Bamako 

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