Le ministre de l’Éducation nationale du Mali : «L’impunité ne continuera pas à être la règle»

La session d’octobre 2020 de l’examen du Diplôme d’étude fondamentale (DEF) qui a eu lieu cette semaine, a été marquée par des fuites de sujets. Les autorités entendent combattre énergiquement la fraude qui a tendance à s’installer à demeure dans le déroulement de nos examens. C’est dans ce cadre que le ministre de l’Éducation nationale, Pr Doulaye Konaté, après avoir été reçu en audience par Bah N’Daw, le président de la Transition, hier à Koulouba, a annoncé l’ouverture d’une enquête.

«Nous sommes affligés par le fait que des fraudes ont caractérisé le déroulement des épreuves du DEF de cette année. Des sujets ont été perçus sur différents réseaux sociaux», a confirmé le ministre de l’Éducation nationale, tout en rappelant que la fraude dans notre système éducatif n’est pas nouvelle. «La fraude en elle-même est déjà condamnable et il n’y a pas de petite fraude. Mais ce qui est inquiétant, c’est l’échelle que la fraude a prise cette fois-ci. Ce qui nous interroge et nous interpelle», a-t-il expliqué.

Le Pr Doulaye Konaté s’est dit heureux que cette question ait préoccupé au plus niveau de l’État. «Nous avons le soutien du président de la Transition, du vice-président et du Premier Ministre, pour remédier à cette situation», a-t-il énoncé. «Nous ne voulons plus que l’impunité marque le déroulement de nos examens. Des enquêtes sont en cours et nous escomptons que leurs résultats permettent de situer les responsabilités et elles le seront», a-t-il ajouté.

Le ministre Konaté a tenu à répéter que les autorités ont apporté tout leur soutien pour redresser cette situation. «Cela ne peut plus durer. La fraude a atteint des limites qui remettent en cause même la crédibilité de nos diplômes. Ce n’est pas acceptable. Si nous voulons compter dans le concert des nations, si nous voulons avoir notre place ne serait-ce que dans la sous-région, si nous voulons construire un autre Mali, nous ne pouvons continuer de cette façon. Car nous ne devons pas apprendre à nos enfants à frauder», a-t-il dit.

Pour le nouveau ministre de l’Éducation nationale, l’administration scolaire ne s’arrête pas là. «Elle surveillera de près l’examen du baccalauréat qui arrive bientôt. L’ouverture d’une enquête vaut un avertissement pour le baccalauréat. Nous ne nous endormons pas, tous ces fraudeurs patentés qui pensent qu’ils peuvent continuer à frauder, devraient réfléchir à plus d’une fois», a averti le ministre Konaté, en assurant que pour le baccalauréat, l’administration veillera au grain.

Fort du soutien des plus hautes autorités, le ministre Konaté a annoncé que les fraudeurs seront démasqués et mis à la disposition de la justice. «Nous avons l’assurance que l’impunité ne continuera pas à être la règle. Car c’est l’impunité qui alimente cette situation», a-t-il déclaré.

« Dans ce pays, des gens ont été incriminés pour ces fraudes, il n’en est rien sorti. Alors si vous pouvez frauder et qu’il n’en sort rien, d’autres vont le faire», a indiqué le ministre Konaté. Selon lui, le message fort des autorités est de continuer les efforts d’assainissement du secteur de l’éducation et cela commence par l’organisation d’examens propres.

Youssouf DOUMBIA

Source : L’ESSOR

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