IBK au sommet du G5 Sahel : «Si je retire le projet de révision constitutionnelle, je trahirais mon pays…»

Face à ses pairs du Niger, de la Mauritanie, du Burkina Faso, du Tchad et de la France, le Président malien, Ibrahim Boubacar Kéïta, a retrouvé l’usage de sa langue ; lui qui, depuis le report de la reforme constitutionnelle, n’avait jamais abordé de face la question, l’a fait, hier. Et de quelle manière ?

Hier, Koulouba était hyper sécurisé. Dans son antre s’y trouvaient six Chefs d’Etat et non des moindres. Face à ses invités du jour, venus pour la mise en place de la Force conjointe du G5 Sahel, le Président IBK a retrouvé de la voix et même le verbe facile.

Dans son français châtié, il a rendu hommage au jeune Président français, Emmanuel Macron, pour son déplacement au Mali ; précisément, à Gao puis ici à Bamako, hier. Il a salué l’intervention de la force serval sans laquelle le Mali, selon lui, ne serait pas aujourd’hui. Il n’a pas tarit d’éloges à l’endroit de ses pairs dont le Président Tchadien, Idriss Deby, qui, selon lui, «le bat à l’applaudimètre» à Bamako.

Au Roch Marc du Burkina, il a promis de porter prochainement le «Fassodafani » que ce dernier lui a remis en guise de cadeau. Chacun, selon son degré d’estime, a reçu des honneurs de la part d’IBK. Il était tout heureux, il était aux anges. Tellement heureux qu’il oublia de prononcer l’ouverture officielle des travaux.

En Mandé Massa, il rappela ses pairs qui étaient déjà sortis pour revenir sur leurs pas et assister débout à ses côtés pour qu’il prononce solennellement «  je déclare ouverts les travaux du Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat du G5 Sahel ».

En ce moment, il était tout confus, et les autres Présidents étonnés et moqueurs de le voir dans cet état.

Si Emmanuel Macron n’a pas été tendre dans son discours appelant les uns et les autres à leurs responsabilités en arrêtant la victimisation continuelle, IBK lui a été plus sévères envers ces concitoyens qui ne partagent pas son avis de réviser la Constitution. Il s’était, on le sait, depuis le 17 juin, date de la grande marche de la plateforme « An tè, An bana- Touche pas à ma Constitution », emmuré dans un silence après avoir reporté le référendum du 9 juillet. Mais, hier, il a pris la résolution devant ses pairs de mener coûte que coûte la révision constitutionnelle.

«Si je retire le projet de révision constitutionnelle, je trahirais mon pays…. », a-t-il déclaré.

Selon lui, il faut respecter la mise en œuvre de l’Accord signé par le Mali. Souhaitait-il répondre favorablement à la demande d’Emmanuel Macron pour qui le retour de la paix au Mali passait par cet Accord ? En tout cas, s’il pense avoir séduit Macron, il a réussi certainement une chose, celle de faire fâcher une bonne partie de sa population. Et, pourtant, dans une Lettre ouverte datant d’hier seulement, Adam Ba Konaré, ancienne Première Dame, lui demandait de ne pas être l’objet de fâcheries pour son magistère. Hélas !

Mohamed Dagnoko

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