IBK face aux députés spoliés : La République au fond de l’abîme !

Tant que l’offre de “recaser” les députés spoliés de leur victoire dans un “futur Sénat” restait une fuite organisée dans la presse, elle ne méritait, de notre part, qu’une moue de dédain. Maintenant que la proposition est sortie de la bouche de IBK lui-même, il faut s’en indigner très profondément. Si le président a fait depuis Mathusalem la preuve de sa disqualification pour une fonction si élevée, l’homme a perdu après cette audience de la honte notre respect et notre considération.

Les députés spoliés de leur victoire ne méritaient pas cette énième insulte de celui qui est supposé veiller au respect des lois, à l’équité entre les citoyens de ce pays.
Il promet aux victimes d’un hold-up organisé par la Cour constitutionnelle, avec la complicité du pouvoir, une place virtuelle dans un Sénat fictif. Tant qu’à faire, IBK n’a qu’à demander à Moussa Timbiné et à la cohorte des députés nommés d’attendre la mise en place de son hypothétique Sénat pour y siéger. Quelle dérobade !

Le vrai courage eut été de faire jouer ses prérogatives constitutionnelles pour dissoudre l’assemblée nationale et remettre les compteurs à zéro. Avant cette audience, on le soupçonnait déjà, mais tout le monde sait désormais de science certaine à qui profite le crime des élections législatives truquées.

Mais à quelque chose malheur est bon ! Cette offre malhonnête a pour conséquence d’enterrer définitivement la création d’un Sénat et toutes réformes constitutionnelles indispensables à l’application de l’accord d’Alger. Des millions de Maliens contestent depuis 2017 les initiatives du régime en la matière, ils ont maintenant la preuve que le Sénat ne servira à rien avec ce dessein de IBK de le réduire à un refuge pour les grands blessés de la démocratie, un dépotoir pour ceux dont le pouvoir ne sait quoi faire, le tout mâtiné de quelques notables des régions du Nord. Non, merci !

Que tous les garants de l’accord d’Alger (Algérie, France, Nations-Unies…) qui se taisent devant ce dévoiement de ses clauses par IBK ne viennent pas chauffer nos oreilles quand les Maliens s’opposeront une ultime et dernière fois à ce référendum farfelu.

La lâcheté de cette communauté dite internationale devant un pouvoir sans parole ni engagement a quelque chose d’insupportable. Il n’y a rien d’étonnant que l’une et l’autre soient réunis dans la même impopularité aux yeux de nos compatriotes.

Bakary Diarra

In Refondation du Mali

Source: Journal l’Aube- Mali

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