IBK ET LE POUVOIR : Péril sur la cohésion nationale

Le constat est patent, de 2013 à nos jours, le syndrome de division fait du chemin au sein de toutes les forces vives de la nation malienne. Tant du côté la classe politique que de la société civile, des foyers de tensions internes naissent et épousent des proportions inquiétantes pour servir de terreau fertile de la politique de diviser pour régner érigée en système. Mais, au finish, qui a intérêt à ce que vole en éclats la cohésion nationale malienne citée en exemple dans une Sous-région en proie à toutes sortes de conflits interethniques et de violations des principes démocratiques et des Droits de l’Homme. Ces profondes crises internes n’entament pas que les petites formations et associations relevant des tendances classiques de la classe politique nationale et de la société civile.

Le phénomène de divisions internes, de clans sur fond de guéguerres au sommet de toutes les structures menace de disloquer presque toutes les composantes des forces vives de la nation malienne individuellement prises et ruine même les assises sociales, culturelles, économiques et sociales de celle-ci. C’est la conclusion qui peut être tirée de l’explosion de la crise sociopolitique en cours depuis l’accession d’IBK. La crise actuelle a tendance à s’élever en date historique pour l’ensemble du parcours politique et historique du Mali. C’est dans cette logique qu’une nouvelle crise est en train d’éclater aussi entre les leaders religieux. D’où, par exemple, les fameux adeptes de l’Imam Mahmoud Dicko et du Prêcheur Ousmane Madani Haïdara.

Assurément, le passage à la tête de ce pays du Président Ibrahim Boubacar Kéïta restera ineffaçablement gravé dans les annales de l’Histoire du processus démocratique et de la cohésion sociale de la nation malienne tout entière. L’existence des clans et des foyers de tensions au plan interne marquera, en effet, une date significative dans la vie et les fondements mêmes des mouvements et associations de la classe politique et de la société civile. Cela d’autant plus mémorable qu’elle devient un tournant décisif dans la vie de la Démocratie naissante. En cette année, elle ne peut laisser personne indifférent. C’est, en substance, un grand virage pour une nouvelle ère sociopolitique dont personne ne peut prédire si la gestation s’opérera dans la douceur ou la douleur. En tout cas, pour la décrispation des tensions sociopolitiques, ce ne sont pas les préalables qui sont rassurants. Ceux de la mise en œuvre effective des annonces faites à chaque fois par le Président IBK qui seront suffisants pour une bonne météo sociale et politique.

Les indices suffisamment puissants existent pour empoisonner l’atmosphère fort délicate des périodes préélectorales. Le premier et le plus préoccupant est la situation au sein de la société civile et de la classe politique. Le pouvoir en place, par calcul ou négligence, a laissé une petite vérole devenir un abcès. A savoir laisser germer implicitement un climat de tensions et d’instabilité internes au niveau de toutes les organisations socioprofessionnelles également avec la création par une main invisible des clans agissant sur la base du népotisme et du trafic d’influence érigé en système.

En effet, dans les rouages de toutes les organisations de la société civile, la stabilité interne tend à en avoir sa claque.  Ce qui fera que le Mali n’avait jamais connu tant de période d’instabilité au plan sécuritaire et d’incertitudes politiques comme dans celle qu’il est en train de vivre sous l’ère d’IBK. En fait, la nation se trouve comme en panne dans tous ses secteurs vitaux. Le système de gouvernance et de gestion des affaires courantes du pays ne s’inscrit plus totalement dans le champ républicain. L’Etat quant à lui ne gère que ses états d’âme mais non le pays.  Tandis qu’au niveau des autres centres de prise de décisions, le système repose sur les principes de consensus tacite défendant uniquement des intérêts personnels de leurs Dirigeants qui ont fini par être disqualifiés aux yeux de l’opinion nationale. Le jeu politique s’opérant au sommet de l’Etat est, de nos jours, un des plus obscurs. Les acteurs n’arrivent plus à pouvoir jouer réellement leur rôle. Ce qui peut, a priori, paraître normal dans une logique implicitement partisane qui ne cesse de l’être à partir du moment où l’Homme qui incarne la première Institution de la République n’inspire plus confiance auprès de ses concitoyens et des forces vives de la nation. Les citoyens ordinaires ne manifestent pas seulement de la méfiance à l’égard de la gestion de leur chère Patrie, mais ils commencent à se replier, à se recroqueviller sur eux-mêmes vis-à-vis de la chose publique. Pour l’instant, le Président IBK, jadis inspirant de confiance, d’espoir certain dans l’arène politique est méconnaissable, tant est devenu affaibli, peut-être résigné à son présent aveu d’impuissance. La politique de diviser pour régner étant devenue de ce qu’elle est de 2013 à nos jours, l’on est en droit d’affirmer d’emblée que la société malienne semble s’être retournée à ces moments où les intelligences individuelles restent toujours lumineuses mais, paradoxalement, où le centre de prise de décisions relatives à la vie de la nation et au devenir de ses forces vives se grippe de plus en plus. Ce qui a plongé finalement les composantes de la société civile et de la classe politique nationale dans des moments les plus inattendus avec toutes sortes de grèves, d’instabilités gouvernementales et socio-économiques sans précèdent, de conflits intercommunautaires dans les Régions du Nord et du Centre du pays. Dans son ensemble, cette situation chaotique que traverse actuellement le Mali est moins le fait de la crise multidimensionnelle que de l’incapacité du Président IBK lui-même à gérer au mieux ses expériences démocratiques et ses propres acquis politiques depuis sa victoire électorale de 2013. Malgré son plébiscite pour son premier mandat, il n’a pas été à la hauteur de sa mission régalienne, en s’ouvrant des perspectives politiques constructives au plan social, sécuritaire et culturel notamment avec un véritable élan républicain et des visions démocratiques. Alors, quand l’actuel cirque sociopolitique, ce syndrome de diviser pour régner va-t-il s’arrêter ? Quel est le clan qui bloque la marche de notre société ?

Djankourou

L’AUBE

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