IBK : Du plébiscite à la révolte populaire Echec et déchéance !

Lundi, 23 juin 2020. De 21 heures à 22 heures, sur l’Ortm, Issa Kaou Djim du M5-RFP bat littéralement en brèche les ineptes saupoudrages de Merlin l’Enchanteur, Amadou Koïta, l’ancien ministre d’IBK. Ce dernier, qui a d’ordinaire la langue bien pendue, a été acculé à une sempiternelle invitation au “dialogue pour sauver le Mali”.

Ce débat organisé par l’Ortm a été un révélateur : Ibrahim Boubacar Keïta est au crépuscule de sa grandeur, incapable comme les thuriféraires de son régime, de donner de bonnes raisons pour son maintien à la tête de l’État. Ce fut également un baromètre. Les Maliens, de l’intérieur comme de la diaspora, qui ont suivi l’émission en direct sur la télévision nationale et sur les réseaux sociaux, sont à  99,99%  unanimes à dire que les arguments de ceux qui réclament la démission d’IBK et de son régime, c’est-à-dire l’écrasante majorité du peuple, l’emportent de loin sur les homélies propagandistes et les arguties simplistes des avocats du Diable. Pour défendre l’indéfendable, Amadou Koïta est allé jusqu’à porter au sinistre bilan d’IBK des oeuvre réalisées par Amadou Toumani Touré (cas du pont de Kayes).

On ne s’attardera pas davantage sur cet épisode. Il est clairement apparu à tous que la famille politique sur laquelle IBK s’est reposé ne peut plus le défendre face au peuple qui l’a élu et qui veut aujourd’hui son départ, qui exige sa démission avec tout son régime, rien d’autre. Au crépuscule, la lumière du soleil a déjà diminué, c’est la nuit qui est attendue pour occasionner un matin lumineux.

Ibrahim Boubacar Keïta est désormais, les yeux fermés, dans une marche à reculons irrésistible. Pourquoi un homme attendu comme le Messie, élu avec plus de 77% des suffrages exprimés en 2013, est-il à présent bousculé vers la déchéance ? Plusieurs raisons sont à visiter. Il faut d’abord se souvenir que l’agence de communication VAUDOU basée à Abidjan, est celle qui a managé les différentes campagnes présidentielles d’Alassane Dramane Ouattara et que c’est en raison de ses réussites qu’elle a été sollicitée à coups de milliards par Ibrahim Boubacar Keïta en 2013 et en 2018. Mais dans le cas du Malien, quelque chose n’a pas fonctionné. IBK n’avait pas, à vrai dire, de programme politique. L’abondante littérature fastidieuse qui en a tenu place a dû être suppléée par des slogans mirobolants : “Le Mali d’abord”, “Dieu, le Mali et Ma conscience”“Tout pour l’honneur et le bonheur des Maliens”, etc. Déclinaisons pompeuses qui n’ont pas tardé à montrer leurs charges mensongères dès que IBK s’est emparé des rênes du pays. L’homme s’est laissé  convaincre qu’il est un prédestiné à la gloire impérissable, erreur fatale qui l’a amené à se couper de son peuple, donc des réalités de son pays. Pour ne citer qu’un cas, alors qu’il a été d’une bougeotte incurable, il ne s’est  rendu à Ségou peut-être qu’une fois, pour inaugurer un échangeur. Ce qui l’intéresse, ce sont les bains de foules, de quoi fouetter son égo. S’il  est allé à Mopti, c’est à l’occasion des massacres des populations. Au nord, il mettra cinq ans sans pouvoir se rendre à Kidal; la cité de l’Adrar des Ifoghas le recevra quand même à l’occasion des campagnes électorales pour l’élection présidentielle de 2018. Comprenne qui veut.

En lieu et place des citoyens qualifiés et motivés pour servir valablement la nation, IBK opère ses choix dans son cercle familial et parmi des amis pour meubler les bureaux de la présidence de la République. Son cabinet est ainsi constitué de courtisans et d’affidés. Quant au gouvernement, il l’a toujours voulu pléthorique pour caser neveux, nièces et autres alliés. L’intrusion de sa famille dans l’appareil d’État a beaucoup contribué à rendre celui-ci inefficace. Ce n’est pas tout. Alors que les finances publiques connaissent des dilapidations sans retenue, le président de la République se gargarise en répétant inconsidérément que “Le Mali avance!”. Toujours entre dépenses somptuaires et gaspillages de tous ordres, les scandales financiers ont fini par émerger par lots à son insu, jusqu’à en arriver à convaincre le peuple que ce sont eux qui rythment la vie du Mali alors que les populations souffrent et ne voient aucune perspective heureuse profiler à l’horizon, quand bien même les ressources du pays sont à même d’assurer l’opulence au plus grand nombre de citoyens. Pendant ce temps, la vie princière du souverain est devenue insultante aux yeux de beaucoup. En effet, pour une simple cérémonie de lancement de campagne de vaccination du cheptel, il lui faut le tapis rouge déroulé jusqu’aux pieds du bœuf choisi.

L’avion baladeur du président, lui, va partout, sauf au Mali. L’armée se voit casser  du sucre sur sa tête : 1330 milliards de francs CFA sans jamais qu’elle obtienne les vrais moyens indispensables à l’accomplissement de sa mission. Le réquisitoire continue.

Amadou N’Fa Diallo

L’AUBE

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