Gouvernance générale au Mali : Ibrahim Boubacar Kéïta, un Président aveugle et mal entouré

Selon notre cher regretté Joseph Ki Zerbo, le pouvoir est comme un œuf. Si vous le serrez trop fort entre les doigts, il s’écrase vite. Mais si vous ne le tenez pas bon entre les doigts, il tombe et écrase par terre.

On peut trébucher et se ressaisir sans tomber dans l’habitus !

La majorité des maliens, au second tour des présidentielles au Mali, a élu IBK à environ 77% pour sauver le Mali. Cette majorité est relative et n’est pas constituée par des maliens qui savent ce que veut dire Président de la République à plus forte raison chef de l’Etat et encore moins chef suprême des armées. Ce sont des concepts venus d’ailleurs, non reconnus par les 77% des 6 millions de votants encore moins par les 77% des 46% des 6 millions encore davantage moins par les 77% des 6 millions ; moins les bulletins nuls. Donc, c’est environ 3 millions de maliens qui ont voté sur environ les 20 millions. Quelle démocratie ! Et cette démocratie à l’athénienne légitime le Président élu.

Toutefois, après trois ans de gouvernance, cette majorité relative est en voie de disparition. Non pas du non engagement de IBK, mais surtout par la faute des courtisans. Ils sont tous pressés d’atteindre leur but avant la débâcle. Oui ! Si les épines qui sont sous les citronniers étaient au-dessus de cet arbre, personne n’aurait accès aux fruits, dit-on. En effet, les épines sont trop nombreuses sous les pieds d’IBK et le temps est trop court pour les enlever une à une avant 2018.

Sur le plan politique national : l’instabilité politique est un indicateur pertinent d’instabilité du pouvoir. Il y a eu trop de changement car, les épines se disent cotons fibres avant d’accéder au pouvoir, elles exploitent le sentiment du vieux en faisant l’âne afin d’avoir le son. On a tout compris ! Une équipe gouvernementale incapable de porter la politique gouvernementale doit se mettre hors-jeu sans honte ni murmure.

Les chefs de partis politiques qui sont dans le gouvernements de IBK sont de plusieurs catégories : La première est constituée par ceux qui veulent juste faire le gui afin de rehausser le niveau de leur propre parti invisible sur l’échiquier national, la deuxième catégorie est constituée par des politiques qui voient leur avenir dans le rétroviseur car, depuis des années, afin de chevaucher plusieurs juments, ils se sont retrouver zèbres ; la troisième catégorie, constituée de félins fins, capable de pénétrer dans les interstices familiales pour séduire et la femme et le mari même s’il faut faire appel à des Dieux païens ou d’Arabie. La quatrième est attentiste, jeune et attendent que les lèvres du chameau tombent le plus vite possible pour passer à la vitesse supérieure. Vous voyez, ça trébuche partout. Il y a une dernière catégorie de ministres qui font l’amalgame entre la société civile et les partis politiques ; suivent comme un malin le discours rugueux et non rigoureux du chef de l’Etat et le piègent dans leur développement sur le terrain. On appelle cela, faire plaisir au roi car, c’est lui-même qui a donné le ton : sans pitié, brave femme, rendre gorge, compétence, intégrité, etc.

Sur le plan culturel : la culture est le socle de tout, « rien n’est donné hors culture », Ici, il faut saluer les artistes, surtout jeunes rappeurs d’inspiration profonde, pas seulement sur le régime, mais sur les alertes tel un chanteur de Koroba au pays dogon qui sert de critique social pour le bon comportement. Ces jeunes rappeurs ont pris consciences un peu plus que des professeurs d’université qui suivent sans apporter grand-chose au pouvoir.

Sur le plan socioéconomique : Parmi les 77%, il y avait, bien sûr, les déguerpis de l’opération bulldozer, mais, ils n’ont pas le choix, car un bulletin voté est validé et il n y a pas de moyen de rebrousser le chemin : pas de vote de confiance à l’Assemblée Nationale, constituée d’élus et non de députés. Tout semble être un bluff dans tous les sens : Le paysan cultive le coton pour bénéficier de l’engrais subventionné pour d’autres spéculations vivrières, les tracteurs sont exposés dans des terrains de football pour faire plaisir au roi qui en accepte volontiers, le chef des paysans Malien, après avoir promis à ATT promet un seul tour à IBK et on est fière de lui. Qui s’en fout du peuple dans tout ça ? Seul peut être 40% des engrais frelatés ou non bénéficient aux vrais paysans sinon c’est une subvention captée par les fonctionnaires de l’Etat qui font des vrais paysans de manœuvres à vie, les coûts des céréales comme le riz sont subventionnés et exonérés pour tuer la productions nationale.

L’or du Mali ne bénéficie presque pas aux maliens et constitue une malédiction pour les générations futures par la dégradation irréversible de l’environnement naturelle. La COP21 n’a rien vu ; on entre très doucement dans la subvention de la vente et l’importation des surgelés comme dans nos pays voisins pour tuer définitivement l’élevage, même des carpes sont exportées de la chine. Quel malheur ! Une classe moyenne amorphe, mal formée à la globalisation, aime envoyer les enfants dans les écoles privés, aime envoyer leurs femmes accoucher aux USA, répugnent le frère du village. Sur le plan sécuritaire et la construction de la paix : Oui la paix n’a pas de prix, mais que de simples coûts parmi lesquels des coûts sociaux. Là aussi, la démocratie représentative de 77% n’est pas efficace car, ceux qui ont négocié la paix, la signer, ne sont pas très légitimés à la base, nous l’avions signalé dès le départ.

L’accord ressemble à une paix décrétée et non secrétée. Les résultats sont là ! Ce n’est pas la faute à IBK, mais aux 77%. On construit chez nous les maisons de bas en haut et non le contraire. Mais chez eux, elles se construisent en trois voire quatre « D ». Il n ya pas une démocratie ni une paix prête à porter pour un peuple, mais des démocraties et des paix construites par les peuples pour les peuples, même si l’outil de dialogue peut être proposé par d’autres peuples sauvages. Dans tout ça, pour s’en sortir, on peut revenir à nos valeurs de résilience séculaire. Pour la stabilité gouvernementale, il faut des technocrates politiques au vrai sens du terme. Pour l’économie, ne vous piégez pas par les concepts de croissance, des chiffres qui ne se mangent pas et ne sont même pas synonymes d’emploi (le jeune Bouazizi s’est brulé en Tunisie avec deux chiffres de croissance), ni d’émergence, émergent par rapport à qui ? Ici, il faut réguler le commerce, inciter la production, la transformation et la conservation, les vraies formations, etc.

Sur le plan sécuritaire et de paix, lutter contre les injustices au niveau national à l’aune du sacrifice des uns et des autres et non pour ceux qui crient très forts. Il ne s’agit pas de rugir comme un lion, mais d’être un lion dans une jungle où une plante peut se transformer dans un laps de temps en animal vivant ; c’est la magie de la politique politicienne

SDF

Source: Le Canard de la Venise

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.