Enlèvement des lycéennes de Dapchi: 106 libérations et de nombreuses questions

lycéennes de dapchi

Une centaine d’écolières, sur les 110 enlevées le 19 février par des militants islamistes de Boko Haram à Dapchi, dans le nord-est du Nigeria, ont été ramenées mercredi 21 mars à leur école par leurs ravisseurs. Selon le dernier bilan, au moins 106 adolescents – parmi lesquelles se trouvait au moins un garçon – ont été libérés mercredi matin. Ils auraient été captifs de la faction de Boko Haram dirigée par Abu Musab al-Barnaoui. Une libération qui soulève nombre de questions, à moins d’un an de l’élection présidentielle au Nigeria.
Les jeunes filles sont arrivées à Dapchi aux alentours de 8 heures, heure locale, ce mercredi matin, à bord de neuf véhicules. Elles ont été déposées non loin de l’école où elles avaient été enlevées il y a un peu plus d’un mois par des membres de Boko Haram.

La ville a exulté, un habitant a raconté à l’AFP que les insurgés prenaient des photos avec les gens, leur demandant de ne pas fuir. Plusieurs adolescentes ont déclaré n’avoir jamais été maltraitées au cours de leur captivité. Certaines auraient même été gardées dans une pièce où elles pouvaient cuisiner.

La question des contreparties

A moins d’un an de l’élection présidentielle au Nigeria, Les circonstances de cette libération soulèvent de nombreuses interrogations. En annonçant ouvertement, il y a dix jours, privilégier la négociation plutôt que la force pour libérer les jeunes filles de Dapchi, Muhammadu Buhari, le président du Nigeria, a rompu avec les méthodes musclées de son exécutif. Signe que ces enlèvements et plus généralement la question sécuritaire sont désormais très politiques.

Ce mercredi, le ministre de l’Information, Lai Mohammed, a martelé que ces négociations avaient été facilitées par des pays amis et que la libération des adolescentes avait été « inconditionnelle ». Reste à savoir avec quelle contrepartie.

Sur son compte Twitter, la présidence nigériane a souligné qu’aucune rançon n’avait été versée, mais le calendrier électoral laisse à penser que l’administration Buhari a, au contraire, voulu accélérer les discussions pour éviter toute complication à moins d’un an de l’élection présidentielle.

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